Dans le cadre de la Transition, le Gabon s’engage dans une profonde réforme de ses institutions pour assurer un avenir démocratique plus solide. L’un des changements majeurs apportés par le nouveau Code électoral concerne les magistrats et les militaires éligibles aux élections, une disposition qualifiée d’« avancée vers une démocratie plus inclusive ». Désormais, ces professionnels pourront se porter candidats à condition de se mettre en disponibilité ou de démissionner de leurs fonctions.
Ce texte, validé par le Parlement et la Cour constitutionnelle avant sa promulgation par le chef de l’État, vise à « moderniser le système électoral gabonais et élargir la participation citoyenne ». L’article 190 précise toutefois que « pendant l’exercice de leurs fonctions, sauf démission ou mise en disponibilité préalable, les candidatures des personnels de commandement, magistrats, comptables publics principaux et forces de sécurité ne peuvent être acceptées ». Cette exigence vise à garantir la neutralité de ces professions dans le processus électoral.
Cette réforme, qui s’appliquera dès l’élection présidentielle du 12 avril 2025, suscite un vif débat. Certains opposants redoutent une « immixtion des forces armées et judiciaires dans le jeu politique » et dénoncent un risque de partialité dans les décisions judiciaires et sécuritaires. En réponse, les partisans du texte insistent sur la nécessité d’adapter le cadre électoral aux évolutions démocratiques et rappellent que des garde-fous ont été mis en place pour éviter toute dérive.

Le gouvernement défend cette réforme comme une initiative visant à « favoriser une participation plus large et plus représentative des citoyens aux élections ». En intégrant ces catégories professionnelles, traditionnellement exclues du jeu politique, l’objectif affiché est de rendre le processus électoral plus inclusif et plus proche des réalités sociales car les magistrats et les militaires désormais éligibles aux élections sont aussi des citoyens comme d’autres.
Toutefois, cette mesure ne sera applicable que pour les prochaines élections, avant une éventuelle réévaluation. Elle s’inscrit dans un ensemble plus vaste de réformes destinées à garantir une transition démocratique transparente et équitable, tout en permettant aux acteurs clés de cette période transitoire de jouer un rôle actif dans l’avenir politique du pays.


























