La vente de la Société meunière et avicole du Gabon (SMAG) à Jean-Marie Ackah représente un tournant majeur pour l’industrie gabonaise. Après la cession dans l’opacité de la BICIG, ce transfert de la SMAG vers le privé ivoirien confirme la tendance à la privatisation avant une réorganisation post-transition. Un responsable de Somdia évoque un véritable changement de paradigme dans ce processus.
L’opération de privatisation de la SMAC, dont le montant n’a pas été dévoilé, une autre forme d’opacité »reste soumise à la réalisation des conditions suspensives usuelles et à l’approbation des autorités réglementaires compétentes« . Jean-Marie Ackah, dirigeant du groupe Avos, réaffirme son ambition de diversifier la SMAG dans les secteurs céréalier et avicole.
Créée en 1969, la SMAG dispose d’une capacité de production annuelle impressionnante, avec 75 000 tonnes de farine, 32 000 tonnes d’aliments pour bétail, 450 000 poussins d’un jour et 40 millions d’œufs. « La trajectoire de SMAG, en tant que moulin ayant su investir dans les sous‑produits des céréales et dans le secteur avicole, représente un modèle de résilience et d’innovation industrielle« , explique un expert en économie gabonaise. Ce modèle, qui a permis à la SMAG de se forger une place de choix sur le marché, rejoint dans l’opacité désormais la stratégie déployée par le groupe Avos, qui entend exploiter synergiquement ces compétences pour renforcer sa présence régionale.
Cette transaction, officialisée par Somdia, intervient dans un contexte économique où la dynamisation du secteur industriel constitue une priorité pour le gouvernement gabonais. Les autorités espèrent ainsi attirer davantage d’investissements étrangers, tout en stimulant la compétitivité des entreprises locales. La cession de la SMAG à Jean‑Marie Ackah s’inscrit dans une série d’initiatives visant à moderniser et restructurer le tissu industriel national sans les Gabonais aux commandes. « L’investissement de 30 milliards de FCFA prévu dans ce cadre devrait permettre de consolider la transformation locale et de créer de nouveaux emplois », précise un observateur du secteur.
On se pose des questions sur ce transfert de cette entreprise nationale symbole d’une souveraineté alimentaire entre les mains de l’homme d’affaires ivoirien Jean-Marie Ackah alors que le CTRI avait promis restaurer l’honneur des Gabonais.

























