Le Gabon a pris tout le monde de court en décidant de soutenir la candidature du Sénégalais Amadou Hott à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD), au détriment de celle du Tchadien Abbas Mahamat Tolli, pourtant adoubée par la CEMAC. Cette élection, prévue en mai 2025 à Abidjan, vise à désigner le successeur d’Akinwumi Adesina, dont le second mandat touche à sa fin. L’annonce du soutien du Gabon à la présidence de la BAD a été confirmée à l’issue d’une audience entre le Président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, et la ministre du Sénégal de l’Intégration Africaine et des Affaires Étrangères, Yassine Fall. Cette dernière était porteuse d’un message officiel du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.
« À travers ce message, le Président de la République du Sénégal a tenu à adresser ses remerciements aux plus hautes autorités gabonaises pour leur soutien à la candidature de Monsieur Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’Économie, à la présidence de la Banque Africaine de Développement », précise la Présidence gabonaise.
Cette prise de position tranche avec la décision de la Conférence des Chefs d’État de la CEMAC qui, lors d’une session extraordinaire, avait unanimement soutenu la candidature d’Abbas Mahamat Tolli. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno avait alors soumis cette proposition à l’ensemble des dirigeants sous-régionaux, qui avaient exprimé leur « appui sans réserve ». Pourtant, le Gabon a choisi de s’en démarquer, privilégiant le candidat sénégalais.
Cette décision stratégique pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs. D’une part, elle reflète une volonté de renforcer les relations diplomatiques avec le Sénégal, acteur influent en Afrique de l’Ouest. D’autre part, elle traduit peut-être une réévaluation des intérêts économiques et politiques du Gabon au sein des instances panafricaines.
Pour rappel, Akinwumi Adesina avait été élu à la tête de la BAD le 28 mai 2015 et avait entamé son premier mandat le 1er septembre de la même année. Réélu le 27 août 2020, il avait alors entamé son second et dernier mandat le 1er septembre 2020. Son successeur sera désigné en mai prochain, et la bataille pour ce poste s’annonce déjà intense.

























