Le 15 février 2025, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) a signé un contrat de fourniture d’électricité avec le groupe turc Karpowership. Cet accord, qui vise à répondre aux défis énergétiques du Gabon, suscite de nombreuses interrogations en raison d’un manque de communication officielle et de la controverse autour de son coût réel. Ni la SEEG, ni le gouvernement gabonais, à travers le ministère de l’Énergie, ni même Karpowership n’ont communiqué publiquement le montant exact de ce contrat pourtant déterminant pour l’avenir énergétique du pays.
Le quotidien national L’Union a initialement avancé la somme de 15 milliards de francs CFA par mois pour ce partenariat énergétique. Cependant, cette information a été rapidement démentie par une infographie publiée par CTRI News, précisant un coût de 1,8 milliard de francs CFA par mois. Cette manière de communiquer, par l’intermédiaire d’une simple infographie non signée par les parties contractantes, surprend d’autant plus qu’il s’agit d’un contrat d’envergure, susceptible d’affecter directement les tarifs de l’électricité pour les consommateurs gabonais.
En effet, l’opacité autour des termes financiers de cet accord soulève des questions légitimes. Comment expliquer une telle différence entre les chiffres avancés ? Pourquoi le gouvernement et la SEEG n’ont-ils pas pris l’initiative de clarifier officiellement la situation ? Cette confusion ne fait qu’alimenter les spéculations sur l’impact réel de ce contrat sur l’économie nationale et sur le pouvoir d’achat des ménages.
Face à cette situation, de nombreux observateurs appellent à plus de transparence. La société civile et plusieurs acteurs politiques estiment que le parlement gabonais devrait s’emparer de ce dossier afin de garantir une gestion transparente des fonds publics. La question de l’impact économique sur les consommateurs, notamment en termes de hausse éventuelle des factures d’électricité, est au cœur des préoccupations. Une analyse approfondie de ce contrat est donc nécessaire pour évaluer les conséquences financières pour le pays.
Le choix de recourir à un fournisseur international pour renforcer l’approvisionnement en électricité s’inscrit dans la stratégie énergétique du Gabon. Toutefois, l’absence de détails sur les clauses contractuelles, les modalités de paiement et la durée de l’accord suscite des inquiétudes. L’opinion publique demande des éclaircissements sur les implications budgétaires pour l’État gabonais et sur les garanties de performance offertes par Karpowership.
De plus, l’utilisation d’une infographie comme unique canal de communication pour un contrat aussi stratégique semble inappropriée. Dans un contexte où la transparence est devenue une exigence citoyenne, cette approche nourrit les suspicions et renforce les doutes quant à la sincérité des informations relayées. La communication institutionnelle aurait gagné en crédibilité si elle avait été assurée par une déclaration officielle conjointe de la SEEG, du ministère de l’Énergie et de Karpowership.
En conclusion, le contrat de fourniture d’électricité entre la SEEG et Karpowership soulève de nombreuses interrogations quant à sa transparence et à son impact économique. La diffusion d’informations contradictoires et l’absence de communication officielle claire ternissent l’image de ce partenariat pourtant stratégique pour le Gabon. Le Parlement et les instances de régulation sont appelés à jouer pleinement leur rôle pour garantir une gouvernance transparente et protéger les intérêts des consommateurs gabonais.


























