Le dernier rapport de Transparency International, publié le 11 février 2025, dresse un constat préoccupant sur l’état de la corruption au Gabon. Avec un score de 27 sur 100, le Gabon se classe au 135ᵉ rang sur 180, demeurant ainsi dans la catégorie des États « fortement corrompus ». Ce classement, identique à celui de 2023, illustre la persistance des défis liés à la gouvernance, dans un contexte politique marqué par le coup d’État du 30 août 2023.
L’indice de perception de la corruption (IPC) évalue chaque année le niveau de corruption dans les secteurs publics à travers le monde, attribuant aux pays un score de 0 à 100. Un score élevé reflète une gouvernance plus transparente et intègre, tandis qu’un score bas traduit une corruption omniprésente. Pour le Gabon, la stagnation à un niveau critique met en exergue l’inefficacité des mesures de lutte contre ce fléau et l’ampleur des réformes encore nécessaires.
Si le pays n’a pas enregistré de dégradation par rapport à l’année précédente, cette absence d’amélioration témoigne d’une inertie institutionnelle. Malgré les engagements affichés par les nouvelles autorités de la transition, les pratiques de corruption restent profondément ancrées dans l’appareil d’État, affectant divers secteurs clés tels que l’attribution des marchés publics, l’administration fiscale et la gestion des ressources naturelles. Cette situation fragilise le climat des affaires et nuit à l’attractivité économique du pays.
Face à ce constat, il devient impératif de renforcer les mécanismes de transparence et d’intégrité publique. La mise en place d’organes de contrôle indépendants, l’application rigoureuse des sanctions contre les auteurs d’actes de corruption et la promotion d’une culture d’éthique au sein de l’administration figurent parmi les mesures prioritaires. De plus, une mobilisation accrue de la société civile et des médias demeure essentielle pour assurer une vigilance constante et exiger des comptes aux dirigeants.
En définitive, le maintien du Gabon parmi les pays les plus corrompus rappelle l’urgence d’une réforme en profondeur des institutions. Sans une volonté politique ferme et des actions concrètes, le pays risque de rester englué dans un cercle vicieux où la corruption entrave tout progrès économique et social.


























