Un journaliste et opposant gabonais en exil, dans une vidéo datant d’octobre dernier, est cité dans une plainte pour « menaces » contre la personne de Liliane Massala, ambassadeur du Gabon en France. L’information a été communiquée à l’AFP ce samedi 10 avril 2021 par l’un des avocats de la plaignante, selon Le Figaro.
L’ambassadrice du Gabon en France Liliane Massala a déposé plainte pour «menaces» après la diffusion d’une vidéo dans laquelle le journaliste appelait à s’en prendre à elle d’après l’AFP.
«Les menaces proférées par cette personne ont été vécues comme choquantes par Mme Liliane Massala», qui «entend refuser les menaces de violences qui la visent», a-t-elle écrit dans sa plainte de mardi 06 avril 2021.
Ainsi, cette plainte a été déposée par les deux avocats de la plaignante notamment Me Martin Pradel et Georges-Jean Betto, auprès du procureur de Paris.
Les faits reprochés
Un journaliste, opposant et activiste contre le régime d’Ali Bongo Ondimba, a publié une vidéo le 21 octobre 2020 de 24 minutes et 18 secondes sur sa chaîne YouTube. Dans celle-ci, il s’est adressé personnellement à Liliane Massala qui venait d’être nommée ambassadeur du Gabon.
«Je viens t’annoncer la bonne nouvelle, la résistance viendra te souhaiter la bienvenue à Paris (…) Tu viens représenter la junte au pouvoir, un régime dictatorial», a t-il informé.
Il a donc poursuivi son propos. «Si on touche un cheveu des Gabonais, tu nous verras à l’ambassade», a-t-il renchéri.
L’accusation a davantage déversé à sa plainte les propos de l’opposant. «Casse-pipe», «Celui qui t’a nommée à Paris t’a envoyée au casse-pipe. On va s’occuper de toi copieusement (…) Ce ne sera pas méchant, mais ce sera pour exprimer notre ras-le-bol (…) Tu vas devoir coopérer avec nous, si tu ne coopères pas, tant pis pour toi», a t-elle précisé.
Pour les avocats de Liliane Massala, l’intégrité physique de leur cliente serait menacée. «L’individu filmé menace directement et nommément Mme Liliane Massala, en particulier si elle ne se comporte pas comme le souhaite le groupe ‘La Résistance’», a mentionné la plainte.
Par ailleurs, la plainte déposée par le conseil de Mme Liliane Massala parle d’«une prise d’otage».
«Je suis profondément attachée à la liberté d’expression que je respecte, mais je ne saurais tolérer ni le sexisme, ni la menace, encore moins la violence», a déclaré Mme Liliane Massala, elle-même.
Désormais les yeux des deux camps sont rivés vers Paris: la Résistance gabonaise et le régime de Libreville.

























