Les pharmaciens au Gabon traversent une crise sans précédent, marquée par une décision radicale : la suspension immédiate de la fourniture de médicaments aux assurés de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Ce mot d’ordre, annoncé le 31 décembre 2024, a été appliqué dès le lendemain, sans qu’aucun service minimum ne soit assuré.
« Trop c’est trop. Nous ne pouvons plus supporter. La dette s’accumule. Nous avons des salariés et des impôts à payer », a confié à RFI un pharmacien ayant requis l’anonymat. Cette déclaration reflète l’exaspération généralisée de la profession, confrontée à une accumulation insoutenable des dettes contractées par la CNAMGS.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, aucun assuré de la CNAMGS n’a pu bénéficier de la prise en charge de ses frais de médicaments, un avantage social vital pour les retraités, les étudiants et les chômeurs, dont la couverture atteint jusqu’à 90 %. L’impact de cette interruption se fait déjà sentir sur les Gabonais les plus vulnérables, exacerbant les inégalités dans l’accès aux soins.
Pour les pharmaciens, cette mesure est jugée indispensable afin d’éviter la faillite généralisée des officines. « Les négociations pour solder la dette n’aboutissent pas », déplorent-ils, exigeant dorénavant un règlement mensuel intégral des factures. L’ardoise de la CNAMGS, accumulée sur plusieurs mois, met en péril la viabilité économique des pharmacies, dont les obligations financières – salaires et impôts – demeurent inchangées malgré les impayés.
À l’origine de ce mouvement, l’Association des pharmaciens du Gabon réclame une audience auprès du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, assurément pour une levée de la suspension frappant les assurés CNAMGS. Selon eux, il est crucial de sensibiliser les autorités sur les abus systémiques qui aggravent le déficit structurel de l’assurance maladie.
Si aucun compromis n’est trouvé, la santé publique pourrait être durablement affectée. En l’absence d’une solution rapide, cette situation risque de saper la confiance des professionnels de santé envers les institutions publiques.

























