Johannesburg – Sous l’impulsion de personnalités influentes du Parti républicain, la présidence Trump envisage sérieusement de remettre en question la participation de l’Afrique du Sud à l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), un programme d’accès préférentiel au marché américain. Cette démarche découle de l’alignement stratégique du gouvernement sud-africain sur des puissances perçues comme hostiles aux États-Unis, notamment la Russie, la Chine, et l’Iran, ainsi que de ses positions controversées sur Israël.
Les avantages économiques considérables tirés par Pretoria de l’AGOA, notamment les exportations en franchise de droits de voitures et d’agrumes, sont directement menacés. Cette situation pourrait provoquer des pertes d’emplois massifs et fragiliser davantage l’économie sud-africaine. Une étude récente de l’université Howard a mis en garde : pour bénéficier de tels accords, les États signataires doivent aligner leurs politiques avec les intérêts sécuritaires et diplomatiques des États-Unis.
Les actes et déclarations de l’Afrique du Sud inquiètent Washington surtout l’administration Trump. Pretoria a accueilli des exercices militaires conjoints avec la Russie et autorisé l’accès de ses bases navales aux navires de guerre russes. Par ailleurs, des responsables militaires sud-africains se forment régulièrement à Moscou. À l’ONU, le pays s’est abstenu de condamner l’invasion de l’Ukraine.
Le gouvernement sud-africain se distingue également par sa position ferme contre Israël. Outre une accusation de génocide portée devant la Cour internationale de justice, l’ANC a manifesté son soutien au Hamas, qualifié par les États-Unis d’organisation terroriste. Des discours enflammés de ses cadres et la condamnation de l’élimination ciblée d’Ismail Haniyeh, figure du Hamas, ont suscité l’indignation à Washington.
Cette posture est renforcée par l’étroite collaboration entre l’Afrique du Sud et la Chine, principal partenaire économique du pays, ainsi qu’avec l’Iran, récemment intégré au bloc BRICS une véritable inquiétude pour l’administration Trump. Ces alliances soulignent un éloignement croissant de Pretoria vis-à-vis des positions américaines.
Selon J. Brooks Spector, ancien diplomate américain et analyste au Daily Maverick , ces divergences stratégiques pourraient entraîner une révision drastique des relations bilatérales. Il estime que les démarches de Pretoria contre Israël devant les juridictions internationales inciteront davantage les décideurs républicains à exclure l’Afrique du Sud des bénéfices de l’AGOA, si ce programme est reconduit.
Ce bras de fer souligne les tensions croissantes entre Washington et Pretoria, une relation autrefois marquée par une coopération plus étroite.












































