Le 9 décembre, Jean Valentin Leyama annonçait sa démission du poste de secrétaire exécutif de Réagir, un départ qui laisse planer de nombreuses questions. Dans une lettre adressée à Félix Bongo, vice-président du parti, Leyama justifie son choix par une « mission accomplie » et un retour à son statut de simple militant. Mais cette décision, rapportée par TopInfoGabon, ne serait pas aussi anodine qu’elle n’y paraît.
Selon ses propres mots, Leyama se définit comme un homme de passage : « Dans ma carrière, chaque fois que j’ai accompli ma mission, je pars. » Une philosophie qui pourrait sembler noble, mais qui interroge sur les véritables raisons de son retrait. L’ancien secrétaire exécutif évoque avoir « préparé une relève d’hommes et de femmes crédibles », suggérant qu’il considère son rôle au sein de Réagir comme terminé. Pourtant, cette démission soulève une interrogation plus profonde : le parti, avec ses aspirations à incarner un renouveau politique, est-il réellement capable de se maintenir à flot ?
TopInfoGabon souligne également une critique implicite de Leyama sur la gouvernance interne de Réagir. « Les événements internes ont retardé cette décision », écrit-il, laissant entendre que des dissensions auraient miné la stabilité du parti. À cela s’ajoute le départ récent de Guy-Roger Aurat Reteno, président intérimaire de Réagir, qui, lui aussi, a quitté ses fonctions après le référendum de novembre dernier. Ce double retrait fait vaciller la direction du parti et donne l’image d’un leadership incapable de consolider ses bases.
Leyama, toutefois, semble avoir choisi de se retirer avec une certaine sérénité. Il se voit désormais comme un « acteur politique sans responsabilités », préférant observer de loin les turbulences internes. Son attitude rappelle celle d’un bâtisseur qui, ayant posé les fondations d’un édifice, quitte le chantier avant l’achèvement de l’œuvre. Mais à quel prix ?
Le quotidien TopInfoGabon s’interroge : « Cette démission est-elle une transition planifiée ou l’aveu d’un échec collectif ? » Le départ de Leyama intervient à un moment où Réagir peine à convaincre, entre rivalités internes et vision politique floue. Leyama, en refusant d’endosser davantage de responsabilités, semble marquer son désengagement face à des luttes intestines qui paralysent le parti.
Alors que Réagir se présente comme un espoir pour une gouvernance nouvelle au Gabon, le départ de ses figures clés en révèle les fragilités. Si Jean Valentin Leyama estime avoir « accompli sa mission », son retrait laisse un vide que l’avenir du parti devra combler sous peine de disparaître à son tour. Comme le note TopInfoGabon, « Ce n’est pas tant une démission qu’un signal d’alarme sur l’avenir politique d’une formation en quête de repères. »
Dans ce contexte, il reste à voir si Réagir saura se relever ou sombrera dans les limbes des mouvements politiques éphémères.


























