La Syrie a basculé dans une nouvelle ère après la fuite présumée de Bachar al-Assad, annoncée dimanche par une coalition rebelle. Damas, sous contrôle des insurgés, a vécu des scènes inédites de liesse. Une statue de Hafez al-Assad, symbole du régime, a été déboulonnée et piétinée au centre de la capitale. Cet acte hautement symbolique marque la fin des cinq décennies de règne du clan Assad.
Le président syrien, qui a succédé à son père en 2000, a réprimé avec brutalité le soulèvement pacifique de 2011, entraînant le pays dans une guerre civile dévastatrice ayant causé près de 500 000 morts. Cette chute soudaine intervient après une offensive éclair provoquée par des islamistes radicaux, qui ont rapidement pris le contrôle de la capitale. Selon des sources turques, Assad aurait quitté le pays, bien que sa localisation exacte reste incertaine.
A travers le pays, des scènes de célébration ont éclaté. À Hama, Alep et Deraa, les statues des Assad père et fils ont été renversées. À Istanbul, où vit une importante diaspora syrienne, des centaines de réfugiés se sont rassemblés pour exprimer leur joie. « Je n’aurais jamais cru voir ce jour », s’enthousiasme Mohamad Cuma, étudiant syrien.
Cependant, cette victoire suscite des inquiétudes sur l’avenir de la Syrie. Les déclarations internationales, notamment celles de l’Allemagne et de la France, appellent à la vigilance face à l’émergence possible d’autres forces extrémistes. « Le pays ne doit pas retomber sous la coupe de nouveaux radicaux », a prévenu Annalena Baerbock, ministre allemande des Affaires étrangères.

L’Iran, principal allié de Damas, est resté silencieux après l’annonce. Son ambassade à Damas a été saccagée lors de l’assaut rebelle, bien que les diplomates iraniens aient été évacués au préalable.
Malgré l’incertitude, ce moment représente un immense espoir pour les Syriens. « Aujourd’hui est une fête nationale », déclare Ibrahim Al-Mohamed, réfugié à Istanbul. Dans un pays ravagé par plus d’une décennie de guerre, la chute du régime ouvre un chapitre inédit, bien que les défis à venir soient immenses.











































