Le jeudi 5 décembre 2024, le ministre du Pétrole, Marcel Abeke, a pris une mesure décisive en suspendant plusieurs hauts responsables de Gab’Oil, l’entreprise publique gabonaise du secteur pétrolier. Parmi eux, Landry Bongo Ondimba, président du conseil d’administration (PCA), François Owono Messi, directeur général (DG), ainsi que d’autres cadres de haut rang. Ces décisions interviennent dans un contexte marqué par des accusations graves de malversations financières liées au financement de campagnes politiques.
Une décision conservatoire pour restaurer la confiance
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Dans un communiqué officiel, Didier Ndong, conseiller juridique du ministre, a précisé :
« Le ministre du Pétrole décide à titre conservatoire les noms des responsables de Gab’Oil dont les noms suivent sont suspendus de leur fonction avec interdiction d’accès aux locaux de la société jusqu’à nouvel ordre. Il s’agit de Monsieur Landry Bongo Ondimba, président du conseil d’administration ; Monsieur François Owono Messi, directeur général ; Capitaine Vanessa Oyane Obame, Conseil du directeur général Madame Denise Fanguinoveny, directrice financière Monsieur Junior Ndong Ollo, directeur ; financier adjoint ; Monsieur Mavoungo David Cédric, chargé d’études du président du conseil d’administration.
En remplacement, Serge Mesmin Mbele a été nommé directeur général par intérim, tandis que Habiba Nzoundou, directrice de l’audit, assurera temporairement les fonctions de directrice financière. Ces nominations visent à stabiliser l’entreprise et à mener des audits approfondis sur sa gestion.
Des révélations accablantes sur les réseaux sociaux
La suspension fait suite à la diffusion massive, sur les réseaux sociaux, de documents comptables incriminant plusieurs responsables de Gab’Oil. Ces pièces montreraient un décaissement de 46 millions de FCFA, signées par Landry Bongo Ondimba, pour financer la campagne en faveur du « Oui » lors du récent référendum constitutionnel du 16 novembre 2024. À cela s’ajoutent des dépenses personnelles exorbitantes, comme les frais. de restauration de 9 millions de FCFA attribués à François Owono Messi.
Pour de nombreux Gabonais, ces révélations sont choquantes dans un contexte économique difficile. Beaucoup dénoncent une gestion désinvolte des deniers publics, alors que le pays traverse une crise économique et sociale.
Un signal fort pour la transparence
Le ministre du Pétrole, par cette décision, entend envoyer un message clair sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des entreprises publiques. Selon les termes du communiqué :
« La présente décision qui prend effet à compter de sa date de signature sera enregistrée, publiée et communiquée partout où besoin sera. »
Les Gabonais attendent désormais les résultats des enquêtes pour établir les responsabilités et engager, le cas échéant, des poursuites judiciaires contre les responsables impliqués.
Vers une nouvelle gouvernance ?
Cette affaire met en lumière les dysfonctionnements au sein des entreprises publiques et souligne l’urgence d’une réforme profonde pour garantir une gestion transparente et orientée vers l’intérêt collectif.

























