Dans une récente vidéo circulant sur les réseaux sociaux, Bunz Ping, activiste de seconde zone, a vivement attaqué la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq. Il lui reproche l’état déplorable de certaines écoles, comme en témoignent les plafonds en lambeaux et les infrastructures insalubres qu’il a filmés. Pourtant, ce réquisitoire semble hâtif et déconnecté des réalités de la gestion publique. Comme l’explique le consultant Wissy-Eric Boumi , cette analyse « montre les limites d’un discours simpliste qui ignore les mécanismes institutionnels ».
Lire aussi: Un chantage qui tourne mal
Wissy-Eric Boumi connu pour son franc-parler et ses analyses structurées, rappelle que « la responsabilité des maux éducatifs ne peut être imputée à un seul acteur », en particulier à Mme Ntoutoume Leclercq. En effet, cette dernière ne possède ni le portefeuille budgétaire, ni la capacité de planifier les ressources à l’échelle nationale. Ces prérogatives relèvent des ministres en charge du Plan, de l’Économie et du Budget, respectivement Alexandre Barro Chambrier, Mays Mouissi et Charles Mba. Ces trois ministères disposent des leviers nécessaires pour définir les priorités et allouer les fonds indispensables à la rénovation des infrastructures scolaires.
Dans le contexte des salles de classe délabrées et des toilettes insalubres, Éric Boumi insiste sur le rôle fondamental des décisions budgétaires. « La responsabilité véritable incombe à ceux qui, dans l’ombre, décident des priorités nationales et détournent les ressources vers des projets éloignés des urgences sociales », souligne-t-il. Pour lui, accuser uniquement le ministre revient à ignorer une chaîne de responsabilités beaucoup plus complexe de la part de Bunz Ping.
En outre, l’analyste appelle à une réflexion collective sur les choix et les valeurs qui guident les décideurs publics. « Là où il n’y a pas de vision, le peuple périt », cite-t-il pour appuyer son argument en faveur d’une gestion éclairée et prioritaire des ressources éducatives. En d’autres termes, il s’agit moins de dénoncer les chiffres visibles que de poser les bonnes questions : pourquoi les infrastructures scolaires ne figurent-elles pas parmi les priorités budgétaires ? Où se situe la réelle volonté politique d’améliorer les conditions d’apprentissage ?
Ainsi, Wissy-Eric Boumi invite Bunz Ping à dépasser les jugements hâtifs et à privilégier une analyse des responsabilités partagées. Car, comme il le rappelle en citant un proverbe africain, « lorsqu’on montre la lune, l’idiot regarde le doigt ».


























