L’affaire Hervé Patrick Opiangah (HPO), ancien ministre des Mines sous le gouvernement de Brice Clotaire Oligui Nguema, prend une tournure préoccupante car pourchassé par la police. Cet homme d’affaires influent, autrefois proche du pouvoir, fait aujourd’hui face à une série de convocation de la police judiciaire, qu’il refuse de répondre. Cependant, des informations font état de l’interpellation de plusieurs de ses proches. Voici ce que l’on sait de cette affaire complexe.
Le 14 novembre, à la veille du référendum constitutionnel, Hervé Patrick Opiangah s’exprime publiquement son mécontentement envers le projet de constitution proposé par le gouvernement de transition. « Mon général, ce n’est pas ce qu’on s’est dit », déclare-t-il à Brice Clotaire Oligui Nguema, dénonçant un manque de transparence et d’intégrité dans le processus politique. En appui à ses propositions, HPO appelle les citoyens à rejeter la réforme constitutionnelle lors du référendum prévu le 16 novembre. Cette sortie, particulièrement acerbe, semble marquer la rupture définitive avec le régime qui l’avait pourtant intégré après le coup d’État du 30 août 2023.
Quelques jours après cet appel, Hervé Patrick Opiangah reçoit une convocation de la police judiciaire le 20 novembre. Bien que ses avocats, Mes Gisèle Eyue Bekale, Jean-Paul Moumbembe et Célestin Mba Ondo, ont tenté de faire repousser cette convocation, l’instruction continue son cours sans relâche. « Les policiers ont perquisitionné son domicile, important des coffres contenant de l’argent liquide et des bijoux », rapportent nos sources de Jeune Afrique. La raison exacte de ces saisies reste floue, bien que des rumeurs évoquent une affaire de mœurs.
Le lendemain, une nouvelle convocation est déposée à son domicile, mais HPO demeure introuvable. Ce même jour, plusieurs membres de sa famille sont interpellés, notamment sa fille Élisabeth, sa nièce Mouna, ainsi que des proches employés. Sa femme, Lucie, et leurs deux fils subissent également une arrestation dans la nuit du 20 novembre. Toutefois, à l’exception de sa fille, tous sont relâchés le 22 novembre.
Les autorités ne s’arrêtent pas là. Selon Jeune Afrique, plusieurs résidences et propriétés d’Hervé Patrick Opiangah sont perquisitionnées, y compris une ferme à Ntoum et des bureaux de l’Udis, son parti politique. Même le cabinet de ses avocats est visé par les autorités. De plus, la police aurait procédé à l’interrogatoire de plusieurs membres de la famille de l’ex-ministre, dont son frère Cyril Mouyopa, un médecin influent.
L’affaire reste mystérieuse, la nature des accusations n’ayant pas été clairement définie. Selon les informations recueillies, Hervé Patrick Opiangah semble se croire victime d’une machination orchestrée par de hautes personnalités du régime. Dans une plainte déposée le 20 novembre, il accuse des responsables du gouvernement de comploter contre lui, en cherchant à le discréditer en l’accusant d’infractions graves.
Autrefois proche du président déchu Ali Bongo Ondimba, Hervé Patrick Opiangah semblait avoir retrouvé une place de choix au sein du gouvernement de transition dirigé par Oligui Nguema mais il n’en est plus question.
Alors que plusieurs rumeurs suggéraient que le natif de Mounana, dans le Haut-Ogooué, aurait trouvé refuge au sein de l’ambassade des États-Unis d’Amérique au Gabon, cette dernière a démenti ces affirmations dans un communiqué publié sur son compte Facebook en date du 25 novembre 2024. Ce démenti relance le débat sur le lieu exact où se trouve l’homme le plus recherché de l’ère de la Transition.

























