Le 3 novembre 2024, la confédération syndicale Dynamique unitaire, influente voix de la société civile gabonaise, a officiellement appelé à voter NON lors du référendum constitutionnel du 16 novembre. Cette prise de position s’appuie sur une analyse minutieuse du projet de nouvelle Constitution, que l’organisation considère porteur de dérives autocratiques risquant de fragiliser les principes démocratiques du Gabon.
Lors de la conférence de presse organisée à Libreville, Roger Ondo Abessolo, président par intérim de Dynamique unitaire, a dévoilé une série de préoccupations majeures. Selon lui, le projet de réforme constitutionnelle, présenté comme une avancée, cache en réalité des dispositions inquiétantes favorisant une centralisation excessive des pouvoirs entre les mains du président. Cette concentration des prérogatives, estime Dynamique unitaire, menace l’équilibre institutionnel et remet en cause la séparation des pouvoirs.
La confédération syndicale affirme avoir suivi de près le processus de rédaction du texte, initié le 8 mai dernier, et la création du Comité constitutionnel national chargé d’élaborer la nouvelle Constitution. Bien que ce processus se soit déroulé sous le regard attentif des citoyens et des organisations civiles, Dynamique unitaire estime que des anomalies significatives persistent dans le projet final. « Loin de consacrer la séparation des pouvoirs, ce texte consacre plutôt un régime despotique où le chef de l’État s’arroge des prérogatives illimitées sur les pouvoirs législatif et judiciaire », a-t-elle déclaré.
Un président érigé en « super-chef » : la crainte d’une dérive autoritaire
Les critiques de Dynamique unitaire se concentrent notamment sur le rôle du président, qui cumulerait les fonctions de chef d’État et de chef de gouvernement dans la future Constitution appelée à être adoptée par le référendum prochain. Ce cumul des fonctions empêche tout mécanisme de censure et toute cohabitation en cas de majorité parlementaire d’opposition, étouffant ainsi la possibilité d’un contre-pouvoir législatif.
Par ailleurs, l’organisation pointe du doigt l’absence de contrôle parlementaire réel et la soumission continue du pouvoir judiciaire à l’exécutif, ce qui favoriserait l’instauration d’un régime fermé et autoritaire.
Appel à la mobilisation pour défendre la démocratie
Convaincue de l’urgence de préserver les acquis démocratiques, Dynamique unitaire appelle les citoyens gabonais inscrits sur les listes électorales à s’opposer à ce projet de Constitution. « Il est essentiel de voter massivement NON pour préserver une démocratie véritable et une séparation effective des pouvoirs. Ce vote pour le NON est une chance pour la Transition, afin de rétablir les principes d’un État de droit et garantir le respect des libertés fondamentales », a affirmé Roger Ondo Abessolo.
Le refus exprimé par Dynamique unitaire fait écho aux critiques d’autres acteurs influents, comme l’ancien Premier ministre Alain Claude Billie By Nze et la plateforme Les Sentinelles de la République. Ensemble, ils exhortent les Gabonais à prendre position pour protéger la dignité de l’État et renforcer le vivre-ensemble, en rejetant ce projet de révision constitutionnelle.


























