Jean Calvin Aba’a, surnommé « Papa la Solution », citoyen camerounais âgé de 65 ans, a été neutralisé par la police de Bitam, dans le département du Ntem. L’individu était activement recherché non seulement au Gabon, mais également au-delà des frontières pour ses activités criminelles liées à la production de faux documents administratifs, tant gabonais qu’étrangers. Ces documents incluaient des actes de naissance, des permis de conduire nationaux et internationaux, des déclarations de perte, ainsi que des passeports et cartes consulaires, notamment des ambassades de France et de Belgique.
Son parcours délictueux débute en France en 1981, où il usurpe l’identité de Saban Come-Vincent, le fils de sa famille d’accueil, dans le but de se rendre en Belgique. En 2007, il est condamné par le tribunal de Liège à trois mois de prison pour faux et usage de faux. En 2010, son identité frauduleuse lui vaut 46 jours de port de bracelet électronique en France. Ayant quitté la France après l’expiration de son passeport, il reçoit en mai 2024 des lettres des ministères des Affaires étrangères de France et de Belgique, confirmant que l’identité de Saban Come Vincent, qu’il avait usurpée, avait été retrouvée rapporte quotidien L’Union.
Recherché en France et en Belgique, Jean Calvin Aba’a parvient à entrer au Gabon avec une carte consulaire délivrée par l’ambassade gabonaise à Bruxelles. Après un séjour de trois mois au Cameroun, il s’installe à Bitam, se faisant passer pour un cadre du ministère de l’Éducation nationale. Avec la complicité d’Abel Ovono, mécanicien de son état, il met en place un vaste réseau de fabrication de faux documents. Ce réseau, établi dans le quartier Est de Bitam, offrait ses services à une clientèle désireuse de se procurer des documents administratifs pour faciliter leur déplacement à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
En moyenne, les clients vivant au Gabon déboursaient environ 250 000 FCFA pour obtenir ces documents. Ceux qui souhaitaient se rendre à l’étranger, notamment au Cameroun et au Congo, devaient payer davantage. L’activité d’Aba’a a prospéré pendant environ six mois, avant que la police n’intervienne pour démanteler son réseau. Arrêté le 9 octobre et déféré au parquet d’Oyem le 14 octobre, il a été écroué pour faux, usage de faux, défaut de carte de séjour, et usurpation d’identité.

























