Le Gabon semble une fois encore pris dans les tourments d’une fraude exprimée par le favoritisme et le népotisme, à en croire les candidats au dernier concours de l’École nationale d’administration (ENA). Ces derniers dénoncent des irrégularités flagrantes, remettant en cause la transparence des résultats. Pour nombre d’entre eux, ces derniers ne refléteraient aucunement la réalité des épreuves.
Les protestations des candidats au concours de l’ENA contre une fraude présumée étaient pourtant prévisibles, comme notre média l’avait déjà souligné. En effet, dans une précédente publication, nous avions mis en garde contre l’organisation du concours en pleine période de vacances. Indignation-des candidats face au concours de l’ENA en période de vacances Initialement prévu pour mai 2024, le concours avait été reporté sine die. Les candidats s’attendaient légitimement à ce que les épreuves se déroulent au plus tard en juillet ou, à défaut, en septembre ou octobre. Contre toute attente, la ministre de la Fonction publique a opté pour le mois d’août, ce qui a suscité la stupeur générale.
Plusieurs observateurs y auraient vu une manœuvre visant à écarter certains candidats, notamment ceux en déplacement, après qu’ils eurent déjà engagé des frais considérables pour participer à ce concours.
Dans la filière de Gestion administrative, 59 candidats avaient été déclarés admissibles après le premier tour. Pourtant, les résultats définitifs en ont retenu 65, un nombre inexplicablement supérieur, et certains candidats ont découvert, à leur grande stupéfaction, que leurs noms ne figuraient plus sur la liste des admis. Selon le média Funny Gabon, des noms qui n’étaient initialement pas dans les listes d’admissibilité ont fait leur apparition dans les résultats définitifs, ce qui suscite de vives interrogations : « Comment cela est-il possible ? », se demande un confrère. Plus troublant encore, certains candidats inscrits pour des postes dans l’administration parlementaire ont finalement été orientés vers la gestion administrative, soulevant des soupçons supplémentaires quant à la régularité du concours.
Ces événements renforcent le sentiment d’une continuité des pratiques sous l’ère de la transition militaire, où la fraude, la corruption, le népotisme et le clientélisme semblent persister. Comme l’exprime avec inquiétude l’un des candidats : « Si rien ne change durant cette période transitoire, les injustices que nous subissons aujourd’hui seront celles que nos enfants endureront demain. »

























