À l’anniversaire du coup de Libération du 30 août 2023, Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre sous Ali Bongo Ondimba, a partagé son analyse des événements sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). Connu pour son franc-parler et sa profonde connaissance du paysage politique gabonais, Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a pas mâché ses mots : « Le général Oligui a voulu être calife à la place du calife », a-t-il affirmé, en évoquant les motivations derrière le coup d’État.
Pour Bilie-By-Nze, ce coup de force, qui a renversé le régime d’Ali Bongo, n’était pas un acte de salut public ou une tentative de restaurer la démocratie, mais plutôt l’expression d’une ambition personnelle. Selon lui, le général Oligui Nguema, loin de chercher à sauver le Gabon, a simplement profité d’une opportunité pour s’emparer du pouvoir. « Le général Oligui a voulu être calife à la place du calife », affirme-t-il, soulignant l’absence d’une vision claire ou d’un projet de société derrière cette action.
L’ancien Premier ministre a également évoqué l’absence de volonté réelle de restaurer un ordre démocratique. « S’il avait été animé par une véritable intention de démocratiser le pays, il aurait pu transférer le pouvoir à celui qui, selon lui, avait remporté l’élection », a-t-il déclaré, en faisant allusion au professeur Albert Ondo Ossa, candidat de l’opposition lors de l’élection présidentielle de 2023. Pour lui, la prise de pouvoir par le général Oligui ne peut être considérée comme un acte désintéressé ou altruiste.
Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a pas hésité à pointer du doigt les responsabilités partagées dans la situation ayant mené au putsch, notamment celles de Sylvia Bongo et de son fils, Noureddin Bongo. Il décrit un climat de méfiance, de rivalités internes, et de divisions au sein du pouvoir en place, qui ont contribué à fragiliser le régime d’Ali Bongo et à préparer le terrain pour ce coup d’État. « C’est une dispute survenue dans les dernières heures, en lien avec les mauvais résultats électoraux », a-t-il précisé, confirmant ainsi l’existence d’une querelle verbale entre le général Oligui et Noureddin Bongo, la veille du coup d’État.
L’ancien Premier ministre se montre également sceptique quant à la version officielle des faits, qui présente le putsch comme le résultat d’une planification méticuleuse par l’ensemble de l’armée. Selon lui, il s’agit plutôt d’une action précipitée, menée par un petit groupe au sein de la garde républicaine. « Ce coup d’État est un acte opportuniste, non planifié à long terme », a-t-il affirmé, réfutant ainsi l’idée d’un complot de grande envergure.
Bilie-By-Nze estime qu’un an après ce coup d’État, le Gabon n’a pas connu de véritable changement de régime. Il critique sévèrement le général Oligui pour avoir perpétué les pratiques de népotisme et de favoritisme qu’il prétendait vouloir abolir. « Il a pris le pouvoir pour perpétuer le système sans le changer », a-t-il déclaré, déplorant un simple remplacement de personnes, plutôt qu’une rupture réelle.
Cette prise de position d’Alain-Claude Bilie-By-Nze ne manquera pas de susciter des réactions, alors que le débat sur l’avenir politique du Gabon reste ouvert.

























