Le passage du président de la Transition, Brice Oligui Nguema, à Moanda, capitale du département de la Lébombi-Léyou, le 18 juillet 2024, a laissé derrière lui une scène de chaos sans précédent. La distribution mal gérée de 30 millions de FCFA a déclenché des actes de vandalisme d’une rare violence parmi la jeunesse locale. Moanda, siège de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), l’un des plus grands exploitants de manganèse au monde, s’est transformée en théâtre de l’apocalypse.
Dans cette région du Haut-Ogooué, où le géant Comilog est une présence omniprésente, les jeunes, souvent désœuvrés, semblent prêts à tout pour saisir une opportunité financière car estimant que les revenus du manganèse ne leur profitent pas. La somme de 30 millions de FCFA, bien que substantielle, s’est avérée dérisoire face à l’ampleur de la foule venue accueillir Oligui Nguema. Ce geste, destiné à remercier et contenter les populations pour leur mobilisation et hospitalité, s’est retourné contre ses organisateurs.
Selon des sources, la mauvaise répartition de ces fonds, d’un montant de 30 millions de FCFA remis par Oligui Nguema à Moanda, a provoqué une fureur sans précédent. Les jeunes de Moanda ont ciblé les édifices publics, notamment la mairie, désormais en ruines après des actes de vandalisme d’une ampleur exceptionnelle. La colère s’est également manifestée par des violences physiques et la séquestration de responsables locaux, impliqués dans l’organisation de la visite présidentielle et la gestion de la répartition des fonds.
Un leader politique local, sous couvert d’anonymat, a confié à Gabon Actu que cet incident révèle un mal plus profond. Il évoque une guerre de leadership et d’influence qui oppose les différentes communautés ethnolinguistiques de Moanda. Les tensions autour de la répartition de cette enveloppe de 30 millions de FCFA ne seraient que la partie émergée de l’iceberg. Les autochtones Bawandjis, longtemps marginalisés, revendiquent désormais leur part des richesses et du pouvoir politico-administratif de la ville, dominé selon eux par des populations non autochtones, telles que les Tékés et Nzébis.

La répartition des fonds a révélé des fractures profondes dans la société de Moanda. Le président de la Transition, en offrant ces fonds, souhaitait sans doute apaiser les tensions et récompenser la population pour son accueil chaleureux. Cependant, l’effet a été tout autre, exacerbant les rivalités et mettant en lumière les revendications de longue date des populations autochtones face à ce qu’elles perçoivent comme une domination des communautés non autochtones.
Le séjour de Brice Oligui Nguema à Moanda restera marqué par ces événements tragiques. En rejoignant Libreville, il laisse derrière lui une ville en proie à des tensions sociopolitiques intenses, lesquelles seront sans doute difficiles à apaiser. Les défis de la cohésion sociale et de la juste répartition des richesses continueront de hanter cette région minière, malgré la fin de la tournée républicaine.
Cette crise illustre les enjeux complexes et les rivalités qui minent la cohésion sociale à Moanda et dans sa région. La tournée républicaine du président de la transition, qui s’est achevée ce samedi dans le Haut-Ogooué, a laissé des stigmates profonds. Brice Clotaire Oligui Nguema regagne Libreville, préparant la dernière étape de son périple à l’Estuaire, prévue du 11 au 14 août. Là, l’accueil des populations autochtones sera coordonné par le Vice-président de la transition, Joseph Owondault Berre, dans une atmosphère certainement marquée par les événements de Moanda.


























