L’Afrique du Sud se prépare pour des élections générales marquées par une incertitude inédite pour l’ANC. Ce mercredi, les citoyens éliront leurs parlementaires et conseillers régionaux, mettant en jeu la majorité absolue de l’ANC, le parti historique de Nelson Mandela. L’ANC, autrefois porteur d’espoir, est aujourd’hui en difficulté, menacé par des critiques croissantes et une désaffection palpable parmi l’électorat.
Un parti en campagne désespérée
Les derniers efforts de l’ANC pour rallier des soutiens ont été intenses. Des figures emblématiques comme Thabo Mbeki et Kgalema Motlanthe ont parcouru le pays pour galvaniser les électeurs. Le point culminant de cette campagne a été le meeting « Siyanqoba » à Johannesburg, évoquant les grandes heures de 1994. Cependant, la fébrilité est palpable. Lors de son discours final, le président Cyril Ramaphosa a mis en avant les réussites de son mandat, mais beaucoup d’auditeurs, lassés, avaient déjà quitté le stade.
Un Désamour Grandissant
Les sondages actuels prédisent un score de 40 à 50 % pour l’ANC, loin des 57,5 % de 2019. Dans les rues, la désillusion est palpable. Robinson, 66 ans, espère encore une réforme interne du parti, mais il reste minoritaire. Thabo, 32 ans, exprime un sentiment de trahison : « L’ANC a brisé le cœur des gens en Afrique du Sud. Tout le monde s’en fiche et les politiciens ne pensent qu’à leurs intérêts. »
Le poids des indécis et l’Opposition en embuscade
Les partis d’opposition, dont l’Alliance démocratique (DA) et les Combattants pour la liberté économique (EFF), espèrent capitaliser sur cette déception. John Steenhuisen, leader de la DA, promet de « clore le chapitre du règne de l’ANC ». Julius Malema des EFF se veut tout aussi déterminé. Même Jacob Zuma, malgré son inéligibilité, est revenu sur le devant de la scène avec son nouveau parti, le uMkhonto we Sizwe (MK).
Le chercheur en sciences politiques Michael Braun souligne l’importance des indécis : « Ils n’aiment pas l’ANC, mais ne sont pas motivés à voter pour l’opposition. » La DA met en avant son bilan positif dans le Cap-Occidental pour attirer ces électeurs sceptiques.
Vers une Coalition inédite ?
L’ANC pourrait devoir former une coalition pour rester au pouvoir, une situation inédite au niveau national. Cela rappelle 1994, lorsque l’ANC avait partagé le gouvernement avec le National Party et l’Inkatha Freedom Party pour assurer une transition pacifique. Cette fois, cependant, l’ANC risque de perdre sa majorité absolue, une première qui pourrait bouleverser le paysage politique sud-africain.


























