Dans une entrevue réalisée le 10 mai 2024 avec Jeune Afrique, l’ancien maître incontesté du palais du bord de mer, qui a régné pendant 14 ans grâce à des élections truquées, persiste à revendiquer sa victoire lors de cette présidentielle controversée. Malgré les innombrables accusations de malversations, y compris son énième passage en force lors de la présidentielle d’août 2016, Ali Bongo Ondimba continue de proclamer haut et fort qu’il a remporté toutes les élections auxquelles il a participé, 2009, 2016 et 2023. Pire encore, il affirme sans balbutiements avoir vaincu toute l’opposition gabonaise, qui s’était unie derrière la candidature consensuelle du Pr Albert Ondo Ossa.
« Les élections, nous les avons gagnées ! Maintenant, j’ai bien compris que j’ai été victime d’un coup d’État et que c’est fini pour moi », a déclaré Ali Bongo Ondimba à Marwane Ben Yahmed, directeur de publication de Jeune Afrique, lors d’une entrevue réalisée dans sa luxueuse résidence de la Sablière.
En somme, Ali Bongo semble n’avoir aucune conscience des manipulations électorales qui ont permis à sa famille de s’accaparer la destinée de millions de Gabonais depuis 1964. Et n’oublions pas qu’il n’a pratiquement pas fait campagne et s’est refusé à débattre de son bilan et de son projet de société dans une émission télévisée où tous les autres candidats à la présidentielle ont joué le jeu. Mais non, lui affirme avoir triomphé avec plus de 60 % des voix le 26 août 2023. Des résultats que personne, à part Ali Bongo, ne peut croire.
Il se dit victime d’un mauvais coup et reste convaincu d’avoir été le meilleur président que le Gabon ait jamais eu, avec une pointe d’humour déconcertante.
Ali Bongo bien comptable. « Les Bongo sont responsables de toutes les vicissitudes du Gabon ? Très bien, nous verrons si mes successeurs feront mieux ! » a-t-il lancé à son interlocuteur, Marwane Ben Yahmed, qui l’avait déjà interviewé à plusieurs reprises. Ali Bongo insiste également sur le fait qu’il a toujours été aux commandes du pays ces 14 dernières années. « Aucune décision n’a été prise sans mon aval, ni aucune nomination d’ailleurs », affirme-t-il. Cette affirmation le rend évidemment responsable des déboires enregistrés sous son règne.
Et son AVC en octobre 2018 ne devrait pas le soustraire aux éventuelles poursuites judiciaires pour sa gestion des fonds publics. Si l’on en croit le président déchu, les Gabonais qui ont célébré sa chute dans les rues de Libreville étaient tout simplement dans l’erreur. Lui, après tout, a brillamment remporté la présidentielle d’août 2023 avec un score sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 2009, suite à la mort de son père. Une déclaration qui laisse vraiment perplexe.
Dans tous les cas, les responsables du CTRI et le peuple gabonais devraient bien savoir qu’Ali Bongo et son écurie ont gagnés les élections générales d’août 2023.


























