Dans le tumulte politique qui secoue le Gabon depuis le coup d’État du 30 août dernier, une nouvelle initiative vient de propulser l’ancien président Ali Bongo Ondimba sur le devant de la scène internationale. Accompagné de ses fils, Jalil et Bilal Bongo, l’ex-chef d’État, au pouvoir pendant une décennie et demie, a lancé une grève de la faim le mardi dernier, mettant ainsi en lumière les tensions persistantes et les préoccupations humanitaires dans ce pays d’Afrique centrale.
Cette action spectaculaire intervient dans le prolongement de l’appel retentissant de l’ex-président, lancé dès le lendemain du coup d’État sous le slogan « make noise ». Toutefois, contrairement à l’écho favorable rencontré par d’autres chefs d’État victimes de renversements militaires, tel que le président déchu du Niger, Mohamed Bazoum, les efforts d’Ali Bongo pour mobiliser la communauté internationale sont demeurés vains.
Cette fois-ci, Ali Bongo adopte une stratégie de communication audacieuse, la grève de la faim, orchestrée par ses conseillers juridiques, afin de dénoncer publiquement ce qu’il qualifie de « séquestration » et d' »actes de torture » infligés à plusieurs membres de sa famille détenus depuis le coup d’État. La grève de la faim entreprise par l’ancien président et ses fils vise ainsi à attirer l’attention sur le sort de son épouse, Sylvia Bongo Valentin, et de son fils Noureddin Bongo Valentin, tous deux emprisonnés dans des conditions préoccupantes à la suite des événements du 30 août.
Confiné dans son château de la Sablière, Ali Bongo, affaibli par la maladie, déplore une séparation forcée d’avec sa famille et réclame la libération de ses proches avant de pouvoir envisager un départ à l’étranger pour recevoir des soins médicaux appropriés. Bien que formellement libre de ses déplacements, l’ancien président demeure résolu à obtenir justice pour ses proches avant de prendre toute décision concernant sa propre santé.
Cette démarche singulière contraste avec le bilan mitigé d’Ali Bongo en matière de respect des droits de l’homme et de la justice pendant son règne. L’exemple poignant de Brice Laccruche Alihanga, son ancien Directeur de cabinet, libéré dans un état de santé déplorable après le coup d’État, témoigne des séquelles persistantes de la répression politique sous son autorité, notamment face à la détresse des détenus politiques.
En lançant cette grève de la faim médiatisée, Ali Bongo déploie une stratégie de communication habile pour mettre en lumière les atteintes aux droits fondamentaux dont ses proches sont victimes, tout en revendiquant sa propre légitimité à agir au nom de la justice et de la dignité humaine. Sa détermination à obtenir réparation pour les injustices subies par sa famille illustre un virage radical dans sa posture politique et révèle les complexités d’une transition de pouvoir tumultueuse dans une nation en quête de stabilité et de démocratie.

























