Des factures impayées pour des vols en jet privé, datant des dernières années du règne d’Omar Bongo, ont pris une tournure judiciaire en Suisse, mettant en danger les intérêts de l’État gabonais dans la filiale locale de TotalEnergies.
Le pouvoir actuel, sous la présidence de la transition de Brice Clotaire Oligui Nguema, se retrouve confronté à une ancienne créance de plusieurs millions de dollars, résultant de voyages effectués entre 2006 et 2010.
Ces voyages, notamment vers des destinations comme Miami, Los Angeles, ou encore les Maldives, ont généré des factures s’élevant à près de 90 millions de dollars, non réglées auprès du courtier en aviation suisse Travcon. Malgré une condamnation récente en appel, le Gabon, représenté par l’avocat Fabian Teichmann, a déposé un recours devant le Tribunal fédéral suisse. Cependant, ces démarches n’ont pas stoppé les saisies d’actifs par Whitewell, le créancier désormais en charge du dossier.
Les saisies conservatoires ciblent principalement les parts de l’État gabonais dans TotalEnergies EP Gabon, société détenant 25 % de la capitalisation boursière. Ces manœuvres légales ont déjà privé l’État gabonais de dividendes conséquents, ce qui pourrait s’accentuer si les saisies deviennent définitives.
Malgré les pressions de Whitewell, Libreville n’a pas encore réagi ni engagé de discussions pour régler cette dette, arguant que les vols en question relevaient de besoins privés. Cette situation met en lumière les intrications complexes des dettes et des actifs hérités de précédentes administrations, soulignant les défis auxquels est confronté le président de la transition dans sa volonté de transparence et de gestion efficace des finances publiques.

























