Le deuxième conseil des ministres du Général-Président Brice Clotaire Oligui Nguéma s’est tenu jeudi dernier et a été marqué par un grand nombre de nominations. C’est cette partie qu’apprécie le plus l’opinion nationale. Un seul mot : le choc.
Les Gabonais jugent la gouvernance de leur chef de l’Etat par les grandes décisions prises lors des conseils des ministres. Vendredi matin, lorsqu’ils ont pris connaissance des résolutions de ces assises, un très grand nombre d’entre eux ont marqué leur déception, le choc. »Ils commencent à faire comme sous Ali Bongo : beaucoup de centres de décision, beaucoup d’officines de nominations », affirme le rédacteur en chef d’un journal en ligne qui a requis l’anonymat. Jean-Baptiste Koumba, ancien syndicaliste à la retraite, regrette ce qu’il appelle »la part belle faite à deux provinces ».
En fait, une grande partie de l’opinion pense que de nombreuses officines et plusieurs lobbies existent à la présidence de la République et en dehors. Il y aurait, par exemple, un lobby »Myéné » dont ferait partie Victorine Tchicot, une des principales collaboratrices du chef de l’Etat, qui aurait proposé son frère Yvon Tchicot, au poste de directeur général de la Société Gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP), son cousin Éric Boumah pour les fonctions de directeur général des Impôts, et son autre cousin Éric Damas comme directeur régional des Douanes de l’Estuaire. Vrai ou faux ?
Puis, un lobby »woleuntémois » qui aurait permis l’arrivée de cadres G9 à la direction générale du Budget, à la direction générale des Hydrocarbures et à la direction générale de Gab’Oil. Vrai ou faux ?
On parle aussi d’un lobby « Ngounié-Nyanga » que dirigeaient Puanne Paulin, Pessy Mikala et Joseph Nyoundou qui se chargeraient de placer les cadres de ces deux provinces. La plus forte de toutes ces officines étant le lobby »altogovéen » qui serait parvenu à faire nommer les hauts fonctionnaires de cette province à la tête des meilleurs fromages de la République, à savoir la Douane (une régie financière dirigée par les Altogovéens depuis 1986, soit près de 40 ans), du Trésor, de la Concurrence-Consommation, de l’OPRAG, de la SEEG, de la Caistab, de l’ARCEP, de la Société de Patrimoine, de La Poste S.A (DGA), de la Conservation des hypothèques, de l’Office national de Sûreté et de Facilitation des Aéroports du Gabon (ONSFAG), et de Gab’Oil (PCA). Ce lobby serait conduit par Arnaud Calixte Engandji Alandji. Vrai ou faux ?
En tout cas, les Gabonais disent ne pas avoir vu ce qu’ils auraient pu attendre de ce conseil des ministres. Est-ce cela la restauration des valeurs ? Est-ce cela la différence promise ? Les autres communautés linguistiques n’ayant pas de »proches » au Palais du bord de mer resteront-elles ostracisées ?
Les Fang de l’Estuaire, les Apindji, les Akélés, les Bakaniguis, n’ayant pas de lobby, sont, on le voit, jetés au rebut. Chacune des officines »privatisent » à son profit de hauts postes de la République.
D’où la question : qu’est-ce qui a bien pu changer depuis le 30 août, en ce qui concerne la pratique des nominations ? Et si le président de la Transition n’était pas derrière tout ce casting, n’est-ce pas le vrai choc ?
HERVÉ G. BISSIÉLOU












































