C’est sur la charte de la transition que le nouveau chef de l’État, Brice Oligui Nguema, a prêté serment, le 4 septembre, toutefois, personne n’avait son contenu. Depuis la publication du texte au journal officiel, tout le monde peut admettre que la charte a été taillé pour que le président de la Transition, Brice Oligui Nguema, puisse être seul candidat à la prochaine élection présidentielle, qui interviendra au terme de la transition, excluant les autres membres de l’exécutif.
Cette charte de la transition ressort les objectifs que le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) s’est fixés lui-même, y compris la possibilité du président de la transition, Brice Oligui Nguema d’être candidat, car cela n’est pas clairement interdit. Il s’agit du condensé suivant : la refondation de l’État; la mise en place de réformes majeures mais aussi l’adoption d’une nouvelle Constitution qui devra être validée par référendum; et la tenue d’élections « locales et nationales libres, démocratiques et transparentes » au terme de la transition.
Par ailleurs, à la lecture de la charte de la transition, il y a une composition de six chapitres, la charte porte la signature du président, Brice Clotaire Oligui Nguema, et des chefs des principaux corps armés du pays. Parmi eux, le général de division Serge Hervé Ngoma, commandant en chef de la police nationale, ou encore Jean Martin Ossima Ndong, chef d’état-major général des forces armées.
Une candidature du président Oligui Nguema excluant celle des autres membre de l’exécutif de la transition
L’article 44 alinéa 3 issu du chapitre III intitulé, DU GOUVERNEMENT DE LA TRANSITION montre clairement que le président de la transition, le général Brice Oligui Nguema a pris le soin d’exclure savamment toute adversité de la part des membres de son gouvernement pour être le seul candidat capable de postuler au poste de président de la République au terme de la transition.
Ainsi, cet article dispose que : « Les membres du Gouvernement de la Transition ne sont pas éligibles à l’élection présidentielle qui sera organisée pour marquer la fin de la Transition. Les officiers supérieurs des Forces de Défense et de Sécurité, nommés membres du Gouvernement, reintègrent leurs corps d’origine à la cessation de leurs fonctions ministérielles ».
Un rôle prédominant des militaires dans la transition
L’autre organe de la transition qui va permettre un rôle prédominant des militaires est le Conseil national de la transition (CNT), l’un des cinq organes mis en place. Cet organe est chargé d’assister Brice Clotaire Oligui Nguema « dans la détermination de la politique de la nation ». Le CNT est exclusivement composé de membres des forces de défense et de sécurité, lesquelles ont renversé Ali Bongo Ondimba dans la nuit du 30 août.
Le général Oligui Nguema sera assisté par un vice-président de la transition, et pourra s’appuyer sur un secrétariat général chargé de la coordination de l’action présidentielle, directement placé sous ses ordres. Toutes les deux personnalités sont également mises hors de course quant à leur participation à la future présidentielle qui aura lieu au terme de la transition.
Bien que le président de la transition, Brice Oligui Nguema n’ait pas tranché sur son avenir dans la charte de la transition, il ressort de la rédaction de celle-ci que Brice Clotaire Oligui Nguema pourra, s’il le souhaite, briguer la magistrature suprême.
Désigné par le CTRI, il sera en poste jusqu’à l’investiture du prochain président de la République. Il faut noter également que le président de la transition, Brice Oligui Nguema occupe les fonctions de ministre de la Défense et de la Sécurité. Charge à lui de veiller « au respect de la Constitution et de la charte de la transition ».
Un mélange homogène civils et militaires
Dans la même veine du bon fonctionnement de la période de la Transition, il sera mis en place une Assemblée nationale, un Sénat et une Cour constitutionnelle de la transition. Les membres de cette dernière ont été nommés par décret le 6 septembre. Son président est Dieudonné Aba’A Owono. Il a remplacé l’inamovible présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, elle avait définitivement fait corps avec cette institution depuis 1991 donc 32 ans.
Le gouvernement a été nommé le 9 septembre 2023 et a été composé de 26 membres. Aujourd’hui, certains ministres de ce gouvernement ont suscité la polémique dans l’opinion.
Outre, le rejet de certains membres de ce gouvernement, surtout les nombreux civils, il leur est fait interdiction d’être des candidats à la présidentielle qui surviendra au terme de la période de la transition.

























