Le discours du leader de l’opposition gabonaise devant ses compatriotes de la diaspora, Jean Ping, le 1er juillet 2023, à l’hôtel Pullman Paris la Défense, mériterait d’être mieux compris. Car le propos de ce diplomate chevronné était révélateur de l’avenir du Gabon qui se dessine sous son leadership.
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Le responsabilité du journaliste est d’informer le public et lorsque le propos de l’orateur semble inaccessible aux destinataires, il devrait le rendre compréhensible comme le propos de Jean Ping devant la diaspora gabonaise de France. Cette assertion est appuyée par l’interview exclusive accordée à Jean Ping par notre confrère du journal La Loupe dans sa publication du vendredi 7 juillet 2023.
Notre rédaction Gabon Mail Infos ne cessera de dire à nos lecteurs que la politique se nourrit des habillages et l’homme qui sait les décrypter fini par comprendre la quintessence des propos et des actions des acteurs politiques. Une fois les habillages mieux compris, le même citoyen saura que la diplomatie a aussi son jargon et un homme de la trempe de Jean Ping le maîtrise aisément.
Le cœur du discours de Jean Ping se résumait dans le passage de la transition politique au Gabon.
La question de la transition politique au Gabon abordée par certains hommes politiques, médias et citoyens serait une vérité puisque Jean Ping l’a évoquée à Paris devant la diaspora, quoique succincte elle était révélatrice de plusieurs vérités sur l’avenir du Gabon.
«Si la transition a pour objectif de refaire le Gabon et de pacifier le pays, je dirais oui, je suis prêt. Allons-y avec tous les Gabonais de bonne volonté, les PDGistes patriotes y compris. (…) Moi…Je ne souscrirais à une transition que si celle-ci a pour objectif central de refaire le Gabon, réconcilier les Gabonais et jeter les bases d’une nouvelle République assise sur des valeurs universellement partagées et donc acceptables par les Gabonais», l’homme d’Omboué est d’avis avec la transition mais pas à n’importe quel prix a-t-il expliqué.
Il va avouer que cette idée ne serait nullement le produit de sa réflexion : «Vous comprenez donc que n’étant pas le promoteur de cette idée a priori séduisante, je ne puis ici et maintenant m’étendre outre mesure.»
Pour mieux comprendre ce passage du discours de 15 minutes de Jean Ping à Paris, il serait judicieux de se poser la bonne question, car le faire sera déjà y répondre : qui a un intérêt qu’il y ait transition politique au Gabon ?
Les Gabonais d’abord seraient derrière cette idée puis les partenaires du Gabon. D’abord pour les Gabonais, plusieurs parmi eux n’y croiraient plus aux élections libres, transparentes et sans répression à la proclamation. Ensuite, les partenaires du Gabon, car certains parmi eux se sentiraient visés par des accusations de Gabonais qui mettraient en danger leurs intérêts dans le pays. Ce sont ces deux groupes de personnes qui encourageraient une transition avec Jean Ping à la tête du pays pour une stabilité pérenne de la paix.
Au Sénégal par exemple, aucun partenaire international n’était prêt à accompagner le président Macky Sall dans son insistance pour un troisième mandat au détriment des intérêts de leur pays. Le même discours selon des personnes très introduites à Paris lors du sommet pour le nouveau pacte financier mondial sur le climat aurait été servi à l’exécutif gabonais : pas de troisième mandat.
Passeur entre deux mondes. Pas du tout homme providentiel
Cette partie assurément aurait été mal comprise également par plusieurs personnes dans l’opinion. Elle met au contraire Jean Ping au cœur de la transition politique au Gabon pour mieux comprendre son discours.
Jean Ping garantit le passage de l’actuelle République à la nouvelle République dont il croirait fortement être au centre du jeu politique.
L’homme d’Omboué se positionnerait plutôt comme celui qui ira jusqu’au bout tel qu’il l’a promis aux Gabonais en 2016 car il n’est nullement question de retraite politique. C’est ainsi qu’il serait mieux de comprendre cette partie du discours de Jean Ping.
Il ne se considère pas comme un homme providentiel. «Je ne suis qu’un passeur entre deux mondes. Un passeur entre deux mondes. Le monde d’hier que nous souhaitons tous dépasser, et le monde de demain que nous souhaitons construire ensemble. J’estime que si quelque part j’ai été le problème, je vais aussi être la solution, contribuer à la solution », a martelé Jean Ping, pour balayer d’un revers de la main ceux qui pensent déjà à sa retraite.
Je Ping a alors ainsi dit qu’il est le leader qui viendra asseoir les base du futur, de ce Gabon qui va être légué à la génération qui prendra le relais après l’ère Bongo-PDG.

























