Dans un entretien qu’il a eu chez notre confrère L’Union, l’homme politique, par ailleurs chef d’entreprises gabonais, Hervé Patrick Opiangah estime que l’Etat devrait soutenir davantage les entrepreneurs nationaux et ne pas permettre leur marginalisation ou ostracisation . Il opère dans plusieurs domaines, notamment dans l’agroalimentaire, le BTP, les transports, les mines, les hydrocarbures et la production d’alvéoles d’œufs.
Hervé Patrick Opiangah réclame plus de soutien de l’Etat pour les entrepreneurs gabonais.
Aussi, relève-t-il qu’il y a surtout une anomalie dans le climat des affaires gabonais, la marginalisation et l’ostracisation des entrepreneurs nationaux, lesquels sont pourfendus quand nonobstant ces pesanteurs nuisibles à l’économie, ils tirent leur épingle du jeu.
Ainsi, au nombre de ces entreprises qui réussissent, il y a la SGTP-BTP, une PME, qui existe depuis douze. Elle est à capitaux gabonais à 100 %, et malgré de belles références comme la voirie principale de Moanda, dont la qualité est unanimement saluée par les experts et les usagers : « nous n’avons jamais obtenu un seul chantier de l’État gabonais ! Pour autant, nous avons quelques belles réalisations qui racontent l’histoire du Gabon qui entreprend, bon gré, mal gré », a déclaré Hervé Patrick Opiangah.
Cette réalité évoquée par le capitaine aux multiples succès est vécue par plusieurs entrepreneurs gabonais.
Toutefois, il a dans la même veine salué les efforts de l’Etat. Le 10 juin 2021, le gouvernement gabonais a adopté, en Conseil des ministres, un projet de loi contraignant les entreprises du secteur alimentaire du pays à s’approvisionner en produits agricoles locaux à hauteur de 50 %, afin de limiter la facture des importations : « Cela représente une aubaine pour la Société gabonaise de développement agricole », a-t-il félicité.
Des difficultés à ôter pour un meilleur développement
Il déplore le retard d’obtention d’un titre foncier à Mounana.
« Sogada. Au moment où je vous parle, nous sommes toujours en attente d’un titre foncier de 7 000 ha dans la commune de Mounana, dans le sud-ouest du Gabon, pour sécuriser la production de maïs et de soja, à un moment où la guerre en Ukraine fait flamber les cours mondiaux, avec des conséquences terribles pour nos éleveurs », a-t-il déploré.
Son plaidoyer : les opportunités à offrir aux nationaux
La crise seulement ne peut justifier la marginalisation des entrepreneurs gabonais. « Le vrai problème réside dans la nécessité de faire participer les entrepreneurs locaux, quelles que soient leurs opinions, à l’effort économique auquel notre pays et nos populations sont confrontés. Forts de nos capacités, nous exigeons seulement d’être placés dans les mêmes conditions de température et de pression que les autres acteurs, nationaux ou étrangers », a-t-il précisé.
Le pas à ne pas franchir
« Mon engagement pour le Gabon est sans faille, certes, mais je reste en fin de compte un être humain avec un seuil de tolérance face aux attaques. Devrais-je me sacrifier par amour pour mon pays ? Ma réponse est sans équivoque « oui ».
Devrais-je le faire en mettant en péril le futur de mes enfants et celui de mes concitoyens ? Je pense que « non », car ils ne méritent pas un tel sort. Voici pour moi le pas à ne pas franchir », a martelé Hervé Patrick Opiangah.
Cette approche de l’homme d’affaires HervéPatrick Opiangah est en phase directe avec les préoccupations du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba qui a instruit son ministre Yves Fernand Manfoumbi en charge du Commerce, des Petites et moyennes entreprises de faire bouger l’entrepreneuriat.
A cet effet, e dernier se bat pour la création de 100 000 auto-entrepreuneurs gabonais.


























