Après son élection comme Présidente du Conseil d’Administration de AFRICAN UNITED FOR DEMOCRACY (AUFP), la première fois pour une Gabonaise d’occuper cette place dans l’histoire, une Organisation américaine et Panafricaine non partisane et non gouvernementale à but non lucratif, dont le but est de soutenir la démocratie, la bonne gouvernance et de protéger les libertés fondamentales et l’État de droit, la Rédaction de Gabon Mail Infos (GMI) s’entretient avec Madame Justine Judith Lekogo, la nouvelle présidente par ailleurs membre influente de la plateforme Copil Citoyen.
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Gabon Mail Infos (GMI): Madame Lekogo, vous venez d’être élue Présidente du Conseil d’Administration de l’AUFP, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur cette organisation ?
Mme Justine Judith Lekogo (JJL): Déjà, je tiens à vous remercier pour cet entretien et je salue au passage tous vos abonnés et lecteurs. AFRICAN UNITED FOR DEMOCRACY, une Organisation américaine et Panafricaine non partisane et non gouvernementale à but non lucratif, dont le but est de soutenir la démocratie, la bonne gouvernance et de protéger les libertés fondamentales et l’État de droit.
Nous travaillons pour la promotion des valeurs par l’Education, la conscientisation, l’autonomisation et le dialogue.
Notre travail découle de la conviction que la complexité des normes culturelles africaines est compatible avec la démocratie.
La vision de l’AUFD est celle de donner aux peuples et aux africains en particulier les moyens sociaux, économiques et politiques de s’approprier leur destin pour un avenir durable. Concernant les valeurs, l’AUFD et ses membres apprécient les responsabilités fondamentales de chaque individu en matière d’éthique, de droits de l’homme, de diversité et d’inclusion.

L’objectif de l’AUFD est de préparer les individus à la participation politique et économique à travers l’articulation entre l’autonomisation et l’engagement civique. Cet objectif ne sera atteint qu’avec la conviction de ce que la citoyenneté est un modèle de comportement démocratique basé sur un équilibre permanent et complet entre les droits et les responsabilités partagées.
Notre approche découle de Paolo Freire dans « La pédagogie des opprimés ». Dans ce livre emblématique, Freire soutient que les personnes opprimées peuvent retrouver leur humanité dans la lutte pour la libération tant qu’elles sont à l’avant-garde de cette lutte. Alors que la protection des principes humanitaires impose des devoirs aux aux nations les plus puissantes. Mahatma Gandhi soutient la déclaration de Freire en affirmant que « l’esprit de la démocratie ne peut être imposé de l’extérieur ; Il doit venir de l’intérieur ». Cela suggère que « dans une véritable démocratie, chaque homme et chaque femme apprennent à penser par eux-mêmes (Gandhi) ».
Je suis convaincue qu’une société mue par une véritable volonté de changement. Pour ce faire, elle doit d’abord surmonter le consentement et le fatalisme qui l’empêchent d’affirmer sa propre humanité et de combattre la tyrannie de l’État. C’est pourquoi nous devons soutenir les actions qui encouragent et renforcent la participation effective des citoyens au processus démocratique. Comme les actions du « COPIL CITOYEN » et bien d’autres activistes tels que Stephan Zeng.
GMI: Votre engagement civique et surtout dans le cadre des actions menées par le Copil Citoyen, plusieurs Gabonais se posent des questions sur votre positionnement. Est-ce Madame Lekogo peut nous en dire un peu plus sur son parcours en politique et de son détachement de la politique ou du Parti dont elle fut membre actif?
JJL: Alors, j’ai rejoint le PDG en fin 2003 voir début 2004. Jeune Etudiante dans le Pays de Mandela, avec d’autres étudiants, nous avions décidé de créer la « Fédération PDG Afrique du Sud ». L’objectif était de soutenir l’ancien Président, Feu Omar Bongo Ondimba qui se portait candidat à sa propre succession pour le compte de l’année 2005. Convaincu de l’engagement de chacun, tous les membres dont moi, ont dû hypothéquer leur bourse pour l’organisation du 12 mars et bien d’autres actions pour se faire connaitre et se faire accepter par la hiérarchie du Parti.
Après la transmission des images et des comptes rendus au Président du Parti et au Secrétaire General de l’époque, le groupe d’étudiant a donc sollicité la reconnaissance de la « Fédération PDG Afrique du Sud » et l’installation de ses membres. En intégrant le PDG en 2003, je l’ai fait par conviction et militantisme sans calcul politicien.
2009, après la mort de l’ancien Président Omar Bongo Ondimba, étant membre de la « Fédération PDG Afrique du Sud », nous avons naturellement soutenu le candidat PDG, Monsieur Ali Bongo Ondimba.
A mon retour de l’Afrique du Sud en 2010, je me suis détachée de la politique pour me consacrer à ma vie professionnelle. Fin juillet ou début août 2016, lors de l’élection présidentielle, j’ai été nommée vice-présidente de la majorité au compte de la CENAP pour la supervision des élections à Bordeaux.
Novembre 2016, pour les raisons professionnelles, j’ai rejoint la Banque Mondiale pour un programme, ce qui m’a permis de travailler avec les sociétés civiles et les politiques, surtout en Afrique de l’Ouest, Australe et en Amérique du Sud
Janvier-Mars 2018 à mon retour de Washington DC, j’ai décidé, toujours par conviction personnelle et non par suivisme et sans calcul politicien de revenir en politique par le biais de l’élection des Membres du Conseil National. J’ai été élue MCN au 2eme arrondissement de Franceville avec plus 250 voix. Cette élection a suscité beaucoup de jalousie et m’a causé énormément des problèmes, j’ai été persécute, menacé et diffamé par certains haut cadre du Parti.

Heureusement pour moi, ça n’a pas fait long feu. Appeler par le FMI, j’ai démissionné du PDG pour les raisons d’incompatibilité vers le 25 avril 2018. Et je n’ai plus jamais voulu réadhérer au parti. J’ai décidé d’agir en tant que simple sympathisant, d’où le soutien à Justin Ndoundangoye candidat à la députation au 2eme arrondissement de Franceville. J’ai donc financé plusieurs actions pour le compte du PDG avec mes fonds propres. Il faut noter que même quand j’ai été nommée Ministre Déléguée, je n’étais plus membre du Parti, j’étais juste une simple sympathisante.
C’est du FMI que j’avais décidé de m’engager au côté de la Société Civile. Et j’avais fait cette promesse aux figures emblématiques de la société civile gabonaise tels que : Marc Onz, Georges Mpagz, Jean Remy Yama et Marcel Libama.
Mon engagement à la Société Civile vient du cœur et conformément aux valeurs prônées par mon défunt papa et par moi-même. C’est en cela que je demeure impliquée corps et âme à lutter contre la mauvaise gouvernance (vous voyez avec le copil citoyen, dans la gestion des fonds COVID19), la corruption, les inégalités, à promouvoir une justice équitable, l’éducation pour tous, l’autonomisation de citoyens, et le renforcement de l’optimisme sur la démocratie et bien d’autres.
GMI: Il est connu de tous qu’être au PDG et partir comme ça du jour au lendemain n’a jamais été facile. On voit bien plusieurs anciens faire des vas et viens entre le PDG, l’opposition, la société civile et le PDG. Vous avez vu avec la création de la plateforme
« Gabon d’abord » par les anciens « pdgistes-opposants-pdgistes-société civile » . Et plusieurs Gabonais disent que dans le G2 le PDG est héréditaire. Qu’est-ce que vous avez à nous dire à ce niveau ?
JJL : Comme je le disais tantôt, on ne va pas en politique ou dans un quelconque mouvement par suivisme ou juste pour se faire une place au soleil. Je vous disais que mon entrée en politique s’est faite par moi-même conformément à mes propres convictions. La décision de ne plus réadhérer au parti et de rejoindre officiellement la Société Civile résulte d’une profonde réflexion et est synonyme des engament que j’ai pris envers moi-même ainsi que des valeurs que je me suis imposée de défendre quelles que soit les circonstances que la vie m’impose.
Vous savez la difficulté de sortir d’un parti politique comme le PDG, c’est pour ceux qui choisissent de pratiquer la politique par pur opportunisme, pour la soif du pouvoir et pour les vanités. Beaucoup sont au PDG pour s’enrichir sur le dos du contribuable, pour exister et non par conviction.
L’observation élémentaire de la scène politique fait découvrir assez rapidement qu’il est de très nombreux cas où un individu existe parce qu’il jouit d’un statut grâce à son appartenance politique comme au PDG. Mais l’observation tout aussi élémentaire fait apparaître aussi que les consultations et jeux d’influence ne se limitent pas aux seules personnes détentrices d’un mandat ou d’une fonction officielle dérivant du PDG.
Donc les opportunistes pédegistes, les porteurs des valises des hauts cadre du PDG et les atalakoustes comme on le dit chez nous, qui confondent tout et qui croient que les membres de la société civiles consciente et d’autres citoyens gabonais ne représentent rien se trompent.
Il y a, bien sûr, l’importante catégorie des personnes dont l’avis a du poids, que l’on consulte et qui, par conséquent, existent politiquement du fait d’une fonction qui n’est pas d’abord définie comme politique. C’est le cas des dirigeants syndicaux, salariés, patronaux ou paysans ; c’est aussi le cas, pour des champs plus délimités, d’innombrables autorités professionnelles, associatives ou expertes, qu’il serait imprudent de ne pas associer à une démarche réformatrice touchant la santé, l’éducation, l’environnement, le système médiatique ou tout autre domaine que l’action publique peut concerner.
Pour ce qui est de la question du PDG héréditaire dans le G2, je crois que je ne suis pas concernée. Je n’ai pas des modèles pedegiste au sein de ma famille. Mon père a toujours été un opposant farouche. Pour ceux qui l’ont connu et surtout qu’il a été l’enseignant de plusieurs hauts cadres du PDG dans le G2 et au niveau du département de la Sébé-Brikolo, ils le savent. Jusqu’à sa mort personne n’avait le droit d’aller au rassemblement du PDG ou danser dans les groupes d’animation. Il a toujours traité les pédegistes comme étant des esclaves mentales. Il était tellement dure à ce niveau que je crois que de son vivant, je n’allais jamais franchir le pas.
Toutes les fois que mon père venait me rendre visite à Franceville, il me rappelait toujours la liste des interdictions et me demandait de reciter : (non aux rassemblements politiques et surtout du PDG, non aux groupes d’animation et groupes de dance, non aux boites de nuit et non aux copinages). Il me disait : « si tu t’ennuies il faut aller chez les sœurs à l’église, tu vas apprendre à faire les gâteaux, le catéchisme et bien d’autres choses importantes pour toi dans la vie ».
En somme, je crois que j’ai plus hérité du tempérament de mon père qu’autres choses. Il disait qu’il vaut mieux mourir pour ses valeurs en respectant ses convictions et dans la dignité que mourir vide. Pour mon père, ceux qui suivaient les biens matériels et qui n’avaient aucune conviction étaient des personnes vidées de leur bon sens.











































