Photo émeutes 2016 @AFP
Les pays africains ont un retard criard en termes de développement. Le dire n’est en rien une information, tant un regard jeté autour de nous suffit pour s’écrouler d’accablement. Nous avons beau pointer du doigt nos colonisateurs qui ont certes leur part de responsabilité dans le pillage de nos ressources premières mais, nous sommes en grande partie les principaux acteurs de l’extrême paupérisation de nos peuples, de nos retards dans tous les domaines et du sous-développement de nos pays.
Nos dirigeants, une fois élus, poussent le bouchon trop loin dans la mise à l’écart de ceux qui ont porté leurs choix sur leurs adversaires. Ils agissent comme des ennemis sur un terrible champ de guerre. C’est la mise au banc trop poussée des perdants qui cuisinent lentement la bagarre pour le tout ou rien aux prochaines échéances électorales.
La sagesse ne devrait-elle pas être d’adopter une posture plus convenante qui associe tout le monde à la gestion citoyenne d’un pays ? Or, le fichage permanent des gens selon leurs opinions par les services de renseignements est la bêtise monumentale qui fait le lit des déchirements futurs inutiles. La volonté d’écraser les perdants finit par constituer des îlots d’aigris dont la vie a perdu toute sucrerie.
En effet, les sociétés appartenant au camp des vainqueurs se gardent bien d’embaucher tous ceux qui sont étiquetés opposants, leurs amis et parents, faisant ainsi fi de leur apport et compétences. Comment peut-on espérer bâtir une nation forte ainsi ? C’est la crainte d’errer plus longtemps qui accroit la détermination des acteurs à aller jusqu’au pire.
L’horreur qu’Alassane Ouattara vient de servir aux ivoiriens est un des pires modèles à ne jamais envisager d’importer. Aucun homme ne peut prétendre être indispensable à un peuple. La sagesse ne prend jamais place au milieu des faucons d’un régime, souvent mus pour défendre leurs propres intérêts égoïstes que ceux du pouvoir auquel ils se réclament.
La maturité d’un peuple doit se juger à la capacité de ses hommes à renoncer à leurs vils retranchements intérieurs et, à servir de sacrifice, à violer leurs convictions les plus tenaces sur l’autel de l’intérêt supérieur de leur peuple. La perte individuelle d’une bataille vaut la peine de capituler si de cette défaite peut éclore un horizon nouveau et radieux pour des milliers de personnes. Réconcilions-nous !
Hubert OBOULOUGOU

























