Dans une Tribune libre, le journaliste Télesphore Obame Ngomo décrypte l’actualité nationale sous le prisme d’une gestion mal menée par le président de la République actuel. Le succession devient très compliquée. Nous vous livrons l’intégralité de son analyse du traditionnel débat de Missélé eba’a intitulé « Ambitions politiques inachevées et succession présidentielle impossible… ». Lecture !
En arrivant au sommet de l’État en 2009, Ali Bongo Ondimba a présenté au peuple gabonais un projet ambitieux qui entendait faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025, c’est-à-dire dans trois ans. L’équivalent de trois mandats de sept ans. Aussi, la multiplication des maquettes futuristes donnait le droit aux populations de croire et même de rêver. Le discours vendeur dudit projet était tonique, ferme et rassurant. Les moyens financiers etaient disponibles. Il en était de même pour les moyens humains. Donc, tout semblait être réuni pour convaincre et croire.

Hélas, comme le disait Jacques Chirac, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Une partie du peuple n’a pas hésité très tôt à exprimer son grand scepticisme quant à la capacité des dirigeants à réaliser ce qui avait été promis. Une autre partie des gabonais qui pourtant y croyait dur comme fer n’a pas également caché sa grande déception. C’était l’heure du désenchantement. Aussitôt, de nombreuses scissions ont émergé au sein du camp présidentiel compliquant la fin politique du septennat.
Or, le président de la République avait su créer le doute chez ses détracteurs dès le lancement des premiers chantiers, notamment à Livreville, la nouvelle Vichy. Malheureusement, l’overdose de pouvoir et l’argent coulant à flot, donnant l’impression d’une superpuissance infinie, avaient perdu les ouvriers de l’exécutif dans les airs. Leurs jambes à tous semblaient oublier qu’elles devaient retrouver le sol pour l’heure du bilan et de la campagne électorale.
C’est parce qu’il s’est investi dans des choix hasardeux, qu’il a multiplié les erreurs de casting, qu’il a toléré certains scandales financiers en parfaite contradiction avec son discours de fermeté et d’impunité de départ, qu’il a cautionné les intrigues les plus basses, que l’ambition d’Ali Bongo s’est profondément dénaturée. Ce qui compliqua son élection de 2016.
Par l’effet de la realpolitik, il s’est vu maintenir au sommet de l’État. C’était pourtant dès cet instant qu’il aurait dû faire le procès de son septennat écoulé en commençant le nouveau avec « les inexistants » de l’organigramme de campagne qui avaient accepté de voler à son secours. Diantre, c’était sans compter sur l’ingratitude et l’injustice qui furent les épouvantails du nouveau septennat.
Or, la justice spirituelle ordonne qu’un travail fait mérite un salaire. Nul ne fait la politique pour les beaux yeux d’autrui. Il était question de payer les enfants d’autrui et ceux de la République selon leur mérite. Comment ne pas surexposer ses organes vitaux quand on confie à des jouisseurs le fruit du dur labeur des enfants des autres? Qui avait dit que mettre Jean Ping et son armée de patriotes déterminés à terre avait été une mince affaire?
L’accident vasculaire cérébral du président de la République s’invitant, conséquence logique et prévisible d’une mauvaise gestion des énergies négatives, l’ambition annoncée pour réaliser le fameux Gabon émergent n’était plus possible. Et ce ne sont pas les multiples révélations qui pleuvent sur les réseaux sociaux qui pourraient la ressusciter.
A ces tristes révélations d’un cercle autorisé, ce sont les erreurs graves de débutants, l’amateurisme, l’émotion puérile et la méchanceté gratuite des collégiens du bord de mer qui ont totalement disqualifié le chef de l’État à poursuivre une quelconque ambition présidentielle. La matérialisation de cette mise à l’écart, aux allures de coup d’état, était l’absence indiscutable de son ADN dans tout ce qui se fait au sommet.
Et comme un malheur n’arrive jamais seul dans les situations où la méchanceté et l’injustice sont criardes, les voici désormais invités à ingurgiter l’amertume de leurs erreurs et de leur imposture. La mauvaise gestion des affaires du pays qui a désormais pour symboles les détournements massifs des fonds covid-19 et les rebondissements prévisibles du cas Brice Laccruche Alihanga fait qu’ils sont eux-mêmes disqualifiés pour rêver d’un grand soir présidentiel. Seule la froideur des salles d’enquêtes et des bancs des tribunaux les attend.
La justice spirituelle a son agenda qui tient compte de la comptabilité du divin qui elle, ne se trompe jamais. Les faits politiques vérifiables démontrent qu’il n’est nullement inscrit à l’ordre du jour la poursuite d’une quelconque ambition présidentielle ou l’émergence d’une probable succession de type monarchique au sommet de l’État. Le pouvoir ne tombe pas du ciel. Il s’acquiert parce que des gens, visibles et invisibles, y ont travaillé. Où sont vos ouvriers?
Par Télesphore Obame Ngomo












































