Réuni en 5e congrès ordinaire le 6 juin 2026, le Parti gabonais du progrès (PGP) a affiché une ambition claire. Au-delà de la restructuration interne, le parti entend désormais conquérir l’espace médiatique pour amplifier son influence politique nationale rapporte notre confrère de GabonReview.
Un congrès placé sous le signe de la redynamisation
Le PGP, dirigé par Benoît Mouity-Nzamba, a tenu ses assises sous le thème « Restructuration et redynamisation ». Membre de l’Internationale socialiste et de l’Alliance progressiste d’Afrique centrale, le parti a saisi cette occasion pour réaffirmer ses positions.
Dès l’ouverture, le président a rappelé l’identité fondatrice de sa formation : « Le PGP s’est, dès le départ, inscrit comme un parti national, détribalisé, démocratique, de masse, rassembleur et ouvert. » Cette déclaration vise à fédérer toutes les énergies positives du pays.
Une oligarchie dénoncée avec fermeté
Mouity-Nzamba n’a pas mâché ses mots face aux militants rassemblés. Il a dénoncé ce qu’il qualifie d’« oligarchie au pouvoir », présentée comme une « création de l’impérialisme destinée à préserver ses intérêts au détriment de la grande majorité des Gabonaises et des Gabonais ».
Par ailleurs, le président du PGP a condamné un climat de peur entretenu selon lui par des arrestations jugées « iniques, brutales et sans fondement ». Il a cité nommément les cas d’Alain-Claude Bilie-By-Nze et de Bob Mengome, toujours détenus. Néanmoins, il a affirmé que ces mesures ne sauraient freiner la dynamique de changement portée par son parti.
Des orientations concrètes pour les années à venir
Au-delà des prises de position, les militants ont défini des orientations stratégiques précises. Les travaux ont porté sur la révision des statuts, l’actualisation de la ligne politique et les mécanismes de financement de l’organisation.
L’élection d’une nouvelle équipe dirigeante a constitué une étape centrale du congrès. Selon Mouity-Nzamba, l’objectif est de relancer le parti partout où l’on pense qu’il n’est plus présent : « Partout où il y a un progressiste, il y a le PGP. »
Le PGP consolide son rôle dans l’opposition
Le congrès a également réaffirmé l’engagement du parti au sein de la Coalition pour la nouvelle République (CNR). Cette coalition constitue, selon le PGP, le cadre privilégié pour consolider l’unité de « l’opposition véritable » face au pouvoir en place.
En outre, les délégués ont voté la relance de la coopération avec l’Internationale socialiste. Ils ont aussi approuvé la promotion de cultures agricoles, canne à sucre, manioc, ananas, arachide, banane, comme sources potentielles de financement à long terme.
Journal et radio : l’offensive médiatique du PGP
Parmi les résolutions les plus remarquées figure la relance du journal Le Progressiste. Couplée à la création d’une radio partisane, cette décision traduit une volonté affirmée de conquérir le terrain médiatique.
Ces deux outils sont présentés comme « des leviers stratégiques pour diffuser ses idées, mobiliser ses militants et peser davantage sur l’avenir politique du Gabon ». Dans un contexte de recomposition politique intense, cette offensive médiatique pourrait redistribuer les cartes de l’influence partisane.
Ainsi, le PGP ne mise plus seulement sur les congrès et les tribunes politiques. Il mise désormais sur les ondes et l’encre pour exister dans le débat public gabonais.










































