Le ministre de l’Intérieur, invité de l’émission Le Gouvernement s’exprime le 4 mars 2026 sur Gabon 24, a exposé une stratégie sécuritaire qui marque un tournant : réorganisation profonde des forces de police, recentrage des missions et appel pressant à une coopération active entre citoyens et autorités. Une orientation qui vise autant à renforcer l’efficacité opérationnelle qu’à restaurer une confiance mutuelle souvent fragilisée.
Le gouvernement prévoit la création de commissariats centraux d’arrondissement dans les grandes villes, notamment dans les zones les plus densément peuplées. Ces structures regrouperont les unités dites « combattantes » : Brigade anti-criminalité (BAC), Police judiciaire (PJ) et autres services spécialisés. L’objectif est clair : concentrer les moyens, améliorer la coordination et réduire les délais d’intervention.
En parallèle, des commissariats de proximité seront déployés dans les quartiers afin d’assurer une présence policière plus visible, plus accessible et plus humaine. Ces antennes locales auront pour mission de renouer un dialogue quotidien avec les habitants, de recueillir leurs préoccupations et de désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent.
Le ministre a insisté sur un point central : aucune stratégie sécuritaire ne peut réussir sans l’implication directe des populations. Les citoyens sont appelés à signaler les actes de délinquance, à collaborer avec les forces de l’ordre et à rompre avec la culture du silence qui protège parfois les auteurs d’infractions.
Cette coopération doit cependant être réciproque. Les agents de police sont invités à adopter une posture plus ouverte, plus respectueuse et plus transparente afin de restaurer la confiance. Sans ce climat de respect mutuel, les dispositifs les plus ambitieux risquent de rester lettre morte.
Le ministre de l’Intérieur a reconnu que les forces actuellement déployées ne suffisent pas à couvrir efficacement l’ensemble du territoire urbain. Un recrutement massif est prévu pour renforcer les équipes et améliorer la présence policière dans les zones sensibles. Cette montée en puissance devra s’accompagner d’une formation adaptée, notamment sur la relation avec les populations et la gestion de proximité.
La stratégie présentée repose sur une conviction : la sécurité ne peut être durable que si elle est co-construite. Les autorités doivent garantir professionnalisme, disponibilité et transparence. Les populations, elles, doivent accepter de devenir actrices de leur propre protection en coopérant activement.
Dans un contexte où les défis sécuritaires évoluent rapidement, cette alliance entre citoyens et forces de l’ordre pourrait devenir l’un des leviers les plus puissants pour restaurer la tranquillité publique.










































