Ragasel S.A., seul groupe de raffinage de sel du pays, traverse une tempête financière majeure. Plombée par un déficit de 976 millions de FCFA, l’entreprise voit son avenir directement menacé. Ainsi, ses actionnaires se retrouvent au pied du mur. Une assemblée générale extraordinaire se tiendra le 3 novembre 2026 dans la capitale, à Libreville.
La situation financière de Ragasel franchit un seuil légal d’alerte maximale. En effet, les pertes enregistrées dépassent désormais la moitié du capital social. Ce capital social atteint 1,95 milliard de FCFA. Par conséquent, la société entre dans une zone de danger. Les marges de manœuvre se réduisent donc chaque jour pour la direction.
Une décision urgente pour les actionnaires
En vertu du droit des affaires des États membres de l’OHADA, ce déficit déclenche automatiquement une procédure d’alerte d’urgence. La loi impose aux actionnaires de se prononcer sans délai sur le sort de la structure. Ensuite, deux options s’offrent à eux. Ils doivent choisir rapidement, car le temps presse pour l’entreprise.
Soit les actionnaires votent la dissolution anticipée, avec une mise en liquidation pure et simple. Soit ils optent pour la restructuration d’urgence, avec un plan de sauvetage financier. De plus, la direction envisage une solution de la dernière chance. Elle propose de céder les actifs immobiliers pour éponger une partie du gouffre financier.
Un enjeu stratégique pour l’indépendance nationale
Au-delà de la santé d’une entreprise privée, un pan entier de l’indépendance alimentaire et industrielle du Gabon vacille. En tant qu’unique raffinerie du territoire, Ragasel détient un monopole de fait. Elle transforme une ressource minérale essentielle pour les ménages et pour l’industrie locale. Cependant, sa survie reste désormais incertaine.
Une interruption prolongée du raffinage contraindrait donc le pays à importer massivement. Les importations devraient alors satisfaire les besoins de la population. Elles devraient aussi nourrir le tissu agroalimentaire local sans interruption. Par ailleurs, la dépendance extérieure fragiliserait la souveraineté économique. Ainsi, la perte de cette usine coûterait cher au Gabon et à ses habitants.
L’ombre de l’audit sur Delta Synergie
La crise de Ragasel intervient dans un contexte politique et économique particulièrement tendu. Delta Synergie, la puissante holding de la famille Bongo, détient 29,1 % du capital. Depuis mars 2024, les autorités ont ordonné un audit gouvernemental rigoureux de cette holding. Cette enquête passe au peigne fin les participations de la holding dans l’économie nationale.
L’assemblée générale du 3 novembre s’annonce donc électrique. Entre impératif de sauvegarde industrielle et incertitudes sur Delta Synergie, les actionnaires devront trancher vite. Finalement, un échec des négociations scellerait la fin du monopole national du raffinage de sel. Le marché dépendrait alors des approvisionnements extérieurs.











































