Le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro a surpris le Brésil dimanche 4 octobre 2026. Il termine en tête du premier tour de la présidentielle. Il devance ainsi le président sortant Lula. Les deux hommes s’affronteront donc au second tour, le 25 octobre. Cependant, l’écart reste mince et le duel s’annonce très serré. En effet, peu d’observateurs prévoyaient un tel renversement. Désormais, la campagne repart de zéro.
Après le dépouillement de 98,36 % des urnes, le candidat de 45 ans dépasse 47 % des voix. Lula, âgé de 80 ans, recueille près de 45 %. Selon la justice électorale, un second tour est mathématiquement certain. Ainsi, la gauche perd son statut de favorite. Par ailleurs, le score du sénateur dépasse la plupart des attentes. Dès lors, chaque point comptera désormais lors du second tour décisif.
Flavio Bolsonaro doit sa candidature à son père, l’ancien président Jair Bolsonaro. Ce dernier a écopé de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Désormais, le fils reprend le flambeau de la droite dure. À l’inverse, Lula brigue un quatrième mandat non consécutif, qu’il présente comme le dernier. Il oppose la démocratie à la « barbarie ». Ce face-à-face oppose donc deux générations et deux visions du pays.
Donald Trump et l’ombre américaine sur le scrutin
Donald Trump affirme suivre l’élection de très près. Il a déjà vu des alliés arriver au pouvoir en Argentine, en Colombie et au Pérou. Pourtant, il n’a pas officiellement soutenu Flavio Bolsonaro. Néanmoins, son influence a pesé sur la campagne. Depuis le procès de 2025, Washington brandit droits de douane et sanctions contre Brasilia. Par conséquent, ces mesures pèsent lourdement sur le climat politique brésilien actuel.
Lula a réagi vivement et demande à son homologue de ne pas se mêler du vote. De plus, certains électeurs redoutent cette pression. Maria de Nazaré Azevedo, fonctionnaire de 57 ans, déclare : « je veux être indépendante ». Elle votera à gauche. Ainsi, la question de la souveraineté s’invite dans le débat. Cette ingérence supposée inquiète une partie des électeurs. Toutefois, le candidat conservateur n’a reçu aucun soutien officiel.
Lassitude et colère : les électeurs choisissent le moins mauvais
Parmi les 160 millions d’électeurs, beaucoup avouent une profonde lassitude. Ils choisissent surtout le candidat qui leur déplaît le moins. Oscarina de Oliveira, auxiliaire de vie de 62 ans, a changé d’avis dans l’isoloir. Elle explique avoir voté Bolsonaro « pour essayer ». Autrement dit, ce vote traduit une envie de changement. Ce sentiment traverse tous les camps. En effet, beaucoup hésitent jusqu’au dernier moment devant l’urne.
Le coût de la vie et la criminalité galopante nourrissent cette colère. Flavio Bolsonaro dénonce « tant d’impôts élevés » et promet de « libérer le peuple brésilien ». L’avocat Raphael Machado reproche au PT vingt ans de gouvernement sans résultat. Pourtant, Lula reste reconnu pour ses programmes sociaux des années 2000. Ils ont sorti des millions de Brésiliens de la pauvreté. D’ailleurs, ce bilan social demeure un atout pour le président sortant.
Justice et Amazonie : les angles morts de la campagne
Les deux camps traînent des affaires judiciaires. Le sénateur fait l’objet d’une enquête pour corruption et blanchiment, liée au financement d’un film sur son père. La droite rappelle aussi que Lula a passé plus de 18 mois en prison. Sa condamnation a pourtant été annulée pour vice de procédure. Ces dossiers alimentent des attaques réciproques. Toutefois, aucun de ces dossiers n’a suffi à faire basculer le premier tour.
L’environnement a presque disparu du débat. Pourtant, Lula revendique une baisse radicale de la déforestation en Amazonie. Celle-ci avait bondi sous Jair Bolsonaro. Tainara da Costa Cruz, 22 ans, de l’ethnie Kambeba, a voté Lula. Elle réclame un candidat qui « défend la nature ». Le second tour dira si ce thème reviendra. En revanche, la campagne a surtout été marquée par des polémiques, davantage que par des propositions concrètes.
Ce qu’il faut retenir
Le second tour du 25 octobre opposera Flavio Bolsonaro à Lula dans un climat de forte lassitude collective. Entre coût de la vie, sécurité et influence américaine croissante, les électeurs trancheront un duel très serré. L’issue reste incertaine pour les deux camps jusqu’au dernier moment.












































