Le pont Lébamba–Bongolo devait symboliser le développement régional. Pourtant, ce chantier ressemble désormais à une pièce de théâtre. Les acteurs n’entrent en scène qu’à l’arrivée des spectateurs VIP. La mise en scène est rodée. Le public local, lui, n’est plus dupe.
Un chantier figé pendant plus de deux mois
Depuis le lancement des travaux du pont Lébamba–Bongolo, un seul terrassement côté Lébamba avait timidement débuté. Puis le chantier s’est endormi pendant plus de deux mois. Les raisons de cette longue pause restent soigneusement tues par Mika Services, maître d’œuvre du projet Lébamba–Bongolo. Les habitants observaient, incrédules. Le pont avançait à la vitesse d’un escargot fatigué. Cependant, personne n’osait encore parler de dysfonctionnement structurel.
Soudain, la terre remue du côté Bongolo
Un nouveau terrassement du projet pont Lébamba–Bongolo surgit alors du côté Bongolo. Événement rare. Il aura fallu plus de trois mois pour que la terre soit enfin remuée de ce côté-là. Mais cette soudaine activité coïncide parfaitement avec l’annonce de la visite de la première Dame. Une visite suivie, possiblement, d’un déplacement du président Brice Clotaire Oligui Nguema. À Lébamba, ce scénario est parfaitement connu. Les lampadaires s’allument miraculeusement. Les routes se lissent. Les façades retrouvent une beauté express. Puis les cortèges repartent. Et tout retombe dans l’obscurité et la poussière.
L’embellissement express : une tradition locale bien installée
L’embellissement avant les visites officielles est devenu un réflexe local. On ne répare pas pour les habitants. On répare pour les visiteurs de marque. Néanmoins, cette logique porte en elle une injustice fondamentale. Le chantier du pont Lébamba–Bongolo ne semble pas y échapper. Il avance au rythme du protocole. Il ne progresse pas au rythme des besoins réels des populations de la Ngounié.
Un coup de balai avant l’arrivée des invités, pas un plan de développement
Ce terrassement tardif ressemble davantage à un coup de balai précipité. Il ne traduit pas une volonté réelle de développement durable. La vérité est simple et brutale. Le pont Lébamba–Bongolo avance quand les autorités s’en approchent. Il s’endort dès qu’elles s’éloignent. Dès lors, faut-il encore applaudir ces soi-disant avancées ? Difficilement. Car au-delà du terrassement fraîchement réalisé, c’est toute une philosophie de gestion des chantiers publics qui est ici interrogée. Tant que le calendrier des travaux obéit au calendrier des visites officielles plutôt qu’aux exigences du terrain, le développement régional restera une promesse à géométrie variable. À Lébamba, les habitants méritent un pont qui avance tous les jours. Pas seulement quand une délégation présidentielle pointe à l’horizon.Sonnet 4.6AdaptatifClaude est une IA et peut fair










































