Le silence d’Ali Bongo Ondimba vient de voler en éclats. Depuis la France, l’ancien chef de l’État a pris la parole mardi dernier. Il revendique la présidence du Parti démocratique gabonais (PDG), fondé par son père Omar Bongo Ondimba. Pourtant, ce parti a perdu le pouvoir le 30 août 2023. Certains militants voient en lui leur ancien patron.
Ali Bongo martèle qu’il n’a jamais démissionné. Ainsi, il conteste la légitimité du directoire dirigé par Blaise Louembe. Cette prise de position rouvre un vieux dossier. En effet, elle relance le débat sur la légalité des instances installées depuis le changement de régime. Désormais, le PDG ressemble à une maison à deux propriétaires.
Une parole reprise après la contrainte
Ali Bongo relit son passé récent à sa manière. Le 7 mars 2024, dans sa résidence de la Sablière, il a proposé un dispositif provisoire. Il voulait seulement assurer la continuité du parti. Selon lui, personne n’a jamais évoqué sa succession. Cette version reste, à ses yeux, limpide comme de l’eau de roche.
Il revient aussi sur son retrait annoncé le 18 septembre 2024. Il dit avoir parlé sous la contrainte, en « résidence surveillée ». Mais il se déclare libre aujourd’hui. « Aujourd’hui je suis libre, et ma parole aussi », a-t-il souligné. Dès lors, il jure de ne pas renoncer à la vie politique.
La légalité comme boussole
Sur le plan statutaire, Ali Bongo se considère toujours comme le président légitime. Le congrès ordinaire de décembre 2022 l’avait reconduit. Cette réélection constitue son ancre juridique. Par conséquent, il a mis en demeure la direction actuelle. Il exige le rétablissement de ce qu’il estime être la « légalité ».
Pourtant, il dit préférer la négociation au bras de fer. Il a donc invité Blaise Louembe et deux responsables de son choix à Paris. Selon lui, cette main tendue est restée lettre morte. La porte du dialogue paraît ainsi fermée. Le conflit s’installe dans la durée.
Une feuille de route en trois temps
Pour sortir de l’impasse, l’ancien président dessine une feuille de route en trois temps. D’abord, il réclame le rétablissement de la légalité statutaire. Ensuite, il souhaite une organisation transitoire inclusive. Enfin, il prévoit la préparation d’un congrès ouvert à toutes les sensibilités.
Ainsi, la balle roule désormais dans le camp de la direction actuelle. Blaise Louembe doit choisir entre le dialogue et la résistance. Dans cette partie d’échecs, chaque pion avancé pèsera sur l’avenir du parti fondé par Omar Bongo Ondimba. Le directoire doit apprécier cette offre.










































