Le dimanche 28 septembre 2025, dans une atmosphère alourdie par les tensions politiques, la candidate aux législatives et tête de liste aux locales du 1er arrondissement de Ntoum, Madame Camélia Ntoutoume Leclercq, s’est exprimée avec solennité. Elle a fustigé les événements ayant conduit au report des élections locales, qualifiant ces dérives d’« atteinte grave à la démocratie et au vivre-ensemble ».
« Nous avons constaté, pour le déplorer, un comportement indigne de ceux qui prétendent aspirer à la gestion de la cité », déclara-t-elle, évoquant la séquestration des membres de la Commission électorale dès l’aube du 27 septembre. Ce geste, à ses yeux, marquait « l’entrée fracassante de l’incivisme là où devait régner la responsabilité ».
L’oratrice dénonça ensuite « l’engrenage des mobilisations orchestrées », rappelant que plusieurs formations politiques – UDB, Union nationale, UPNR, ainsi qu’un candidat indépendant – avaient attisé la contestation. À cela s’ajouta « la manipulation d’images sur les réseaux sociaux, véritable théâtre d’ombres destiné à instiller le doute ». Ces clichés, censés prouver une fraude, ne représentaient en réalité que la préparation logistique dans le département du Komo-Mondah.
« L’urne que l’on montre hors contexte n’est qu’un miroir déformant », précisa-t-elle. Les bureaux de vote, selon elle, étaient bel et bien en cours d’installation, notamment à l’école publique de Nzong, loin des accusations lancées.
Au cœur de la discorde se trouvait également la remise en cause des listes consensuelles de scrutateurs, établies avec l’appui de partis et de la société civile depuis le référendum et l’élection présidentielle. « Il est paradoxal de crier à la fraude quand les règles adoptées hier sont celles qu’on conteste aujourd’hui », rappela Mme Ntoutoume Leclercq, réaffirmant son engagement de respecter la Constitution.
La candidate fit remarquer avec fermeté que « nul parti politique ne saurait s’arroger le droit de dicter à la Commission électorale la désignation des scrutateurs ». Elle condamna la campagne menée pour faire croire que ce pouvoir revenait aux acteurs partisans. Le Parti démocratique gabonais, affirma-t-elle, s’était limité à préparer ses représentants « dans le strict respect des lois et règlements en vigueur ».
Mais l’affaire ne se résumait pas à un débat juridique. Les incidents de Ntoum prirent un tour inquiétant : routes bloquées dès l’aube, violences verbales et physiques, agressions touchant même des personnes en situation de handicap. « Quand la démocratie se transforme en champ de bataille, c’est le peuple tout entier qui saigne », s’indigna-t-elle.
La passivité de certains éléments des forces de sécurité fut également pointée du doigt. « Le silence de ceux qui doivent protéger est parfois plus assourdissant que le fracas des violences », lança la candidate, redoutant qu’un drame ne survienne sans la discipline des militants pdgistes qui choisirent de se contenir.
Enfin, Mme Ntoutoume Leclercq appela les autorités compétentes à établir les responsabilités. « Notre devise reste le dialogue, la tolérance et la paix », conclut-elle, rappelant que la suspicion ne peut, à elle seule, justifier la rupture du contrat civique. « Nous condamnons fermement ces agissements qui souillent notre démocratie et brisent les fils invisibles du vivre-ensemble. »
Ainsi s’achevait son plaidoyer, grave mais porteur d’espérance, comme un appel à refuser la dérive et à « réenchanter la politique par la dignité et le respect des règles communes ».










































