Décès ce lundi 3 janvier 2021 de Jean Marc Ekoh, le dernier survivant des membres du gouvernement de Léon Mba, premier président du Gabon indépendant. Un véritable témoin de l’histoire politique du Gabon qui s’en est allé.
Jean Marc Ekoh était très proche de l’opposant Jean Ping ces dernières années. Il a tenu à lui rendre hommage.
« C’est avec une vive émotion que j’apprends le décès du Ministre Jean Marc EKOH, pionnier de l’Éducation nationale et de la défense de la cause de la jeunesse. Mes pensées vont à ses courageux homologues de l’Association des Hauts Dignitaires.
À la famille de ce Grand Serviteur de l’État illustre figure politique, j’adresse mes sincères condoléances », a écrit Jean Ping sur son compte officiel Twitter.
Qui était Jean-Marc Ekoh?
Jean-Marc Ekoh, l’enseignant
Né en 1929, à Nkoaloa (Bitam dans le Woleu-Ntem), Jean-Marc EKOH suit de modestes études entre l’école protestante d’Ayananga’a (1937-39) et l’école Mfoul d’Oyem où il obtient son certificat d’études primaires indigènes (CEPI). Admis aux cours complémentaires, il est inscrit à Lambaréné et sort en juin 1945, avec son diplôme de moniteur, assorti de la mention « admis à enseigner ». Pendant une bonne décennie, Jean-Marc Ekoh ira ainsi d’école en école. Durant cette même période, il préside aussi au Conseil de la jeunesse du Gabon. Une implication importante puisqu’il représentera le Gabon en 1961, à l’Assemblée mondiale, tenue aux Etats Unis.
Jean-Marc Ekoh, Socialiste convaincu
Le début de son engagement politique date de 1957. Le 31 mars, Jean-Marc Ekoh est élu à l’Assemblée territoriale du Gabon, avant de devenir député du Woleu-Ntem, sous les couleurs de l’Union démocratique et socialiste du Gabon (UDSG). A compter de ce moment, Jean-Marc Ekoh va occuper différents postes ministériels. Dans son premier gouvernement, Léon Mba lui confie le portefeuille du Travail, de la Jeunesse et des Sports, avant de le nommer à l’Education nationale, un ministère dont il s’occupe jusqu’en 1962.
L’homme est jeune, et à l’image d’autres enseignants illustres de l’époque, comme Léopold Sédar Senghor, il place l’intérêt populaire au centre de son engagement. Le putsch militaire du 17 février 1964 le voit en toute logique rejoindre le gouvernement provisoire de Jean-Hilaire Aubame. L’aventure tourne court. Jean-Marc EKOH est jugé et incarcéré à la maison d’arrêt de Libreville.
Jean-Marc Ekoh, le retrait politique
Trois ans plus tard, Jean-Marc Ekoh est acquitté. Si son caractère entier lui a causé quelques tracas, personne ne discute ses qualités humaines et son intégrité. En 1967, Omar Bongo le rappelle a ses côtés et lui confie le secrétariat d’Etat à l’Habitat et à l’Urbanisme. Le chantier est vaste, il peut amener du bien-être aux populations, et Jean-Marc Ekoh s’y intéresse. Mais une fois encore, la façon de conduire les dossiers, les prises de positions opportunistes de certains, le forcent à renoncer. Il ne trouve plus sa place dans le milieu politique et préfère revenir dans son Woleu-Ntem natal.
Jean Marc Ekoh a vu plusieurs générations et gouvernements se créer de son vivant. Il a donc été un témoin de l’histoire de la gouvernance de Léon Mba, d’Omar Bongo et d’Ali Bongo . C’est une bibliothèque de l’histoire poste indépendance du Gabon qui disparaît.


























