Le 19 février dernier, Mandji, chef-lieu du département de Ndolou, a été le cadre d’un drame que personne n’a vu venir. « Le corps sans vie de Gervais Bakodo », surnommé « Le Général », a été découvert dans la végétation, « à un jet de pierre du logement » qu’il partageait avec son a
mi, Alain Bouka. Un triste épilogue pour cet homme de 60 ans, dont l’amour immodéré pour l’alcool aura eu raison de lui.
Arrivé à Mandji quatre ans plus tôt, après une retraite prise à la société Olam Palm, le sexagénaire avait troqué « le pain quotidien contre la boisson de tous les excès ». Dans les bars du village, il était un habitué, un fidèle des premiers verres du matin jusqu’aux dernières gouttes de la nuit. « Négligeant de s’alimenter », il s’était laissé happer par un gouffre où seuls les spiritueux tenaient lieu de compagnon.
Le jour fatidique, l’histoire aurait pu prendre un autre tournant. Parti à l’aube vendre un bidon de cinq litres de miel avec son ami Alain Bouka, ils se partagent les 35 000 francs CFA de la transaction et, sans détour, se dirigent vers les « bars disséminés dans la commune de Mandji ». Au Dépôt Harmony, le duo trinque « de 8 heures à 10 heures », s’abreuvant sans modération. Puis vient l’heure de la séparation.
C’est sur ce chemin de retour que le destin scelle son sort pour. Gervais Bakodo . Quelques emplettes en main – « du manioc, un peu de volaille et un carton de vin rouge » –, le sexagénaire s’écroule, terrassé par ce qui s’avérera être une overdose d’alcool. « Dos contre sol, les yeux à moitié ouverts et une mousse sortant de la bouche », il gît, vaincu par ses excès.
- Lorsque son ami Alain Bouka le retrouve, il est trop tard. La nouvelle se propage dans la petite localité comme une traînée de poudre. Habitants, gendarmes et agents du centre médical accourent sur les lieux, mais il n’y a plus rien à faire. « L’hypothèse d’une mort par overdose d’alcool a été privilégiée. » Ainsi, l’ancien ouvrier, le buveur invétéré, celui qui avait choisi l’ivresse comme compagne de route, est inhumé à titre d’indigent.
Un dernier verre, et puis plus rien.












































