La tenue, le jeudi 23 octobre 2025, de la première session ordinaire de l’Observatoire National des Risques Miniers (ONRM), présidée par le Général de Brigade Adolphe Yonghan, Secrétaire Général du Ministère des Mines, marque une étape institutionnelle significative pour la gouvernance environnementale et sociale du secteur extractif gabonais.
Créé en août 2024 par décret présidentiel, cet organisme se positionne comme un rempart contre les externalités négatives historiques de l’exploitation minière.
L’analyse de la déclaration du Général Yonghan est centrale : l’ONRM déconstruit l’idée que les impacts environnementaux, sanitaires ou géotechniques sont des fatalités. Au contraire, ils sont désormais traités comme des « aléas à anticiper, à maîtriser et à intégrer dans nos politiques publiques ».
Cette approche proactive est essentielle pour bâtir une industrie minière durable, un objectif affiché par la structure. L’ONRM a pour mission explicite de centraliser et d’analyser les données sur les risques hérités des anciennes exploitations, injectant ainsi une dose de transparence nécessaire dans un secteur souvent opaque.
La force de cet Observatoire réside dans sa composition. Réunissant des experts des Mines, de l’Environnement, de la Santé, de l’Intérieur, de la Planification, de l’Économie et des Transports, il fonctionne comme un véritable instrument d’aide à la décision.
Il ne se contente pas de modéliser scientifiquement ; il intègre les « savoirs locaux », reconnaissant que la connaissance du terrain est aussi cruciale que les données géologiques. En tant qu’espace de dialogue entre l’État, les chercheurs, les ONG et les communautés riveraines, l’ONRM vise à transformer l’information en action concrète, notamment via l’émission d’alertes précoces.
La feuille de route définie lors de cette première session devra garantir la rigueur et l’indépendance des analyses. L’ambition est claire : faire de l’ONRM un « levier d’intelligence collective » indispensable à la souveraineté et à la sécurité des populations.
C’est un pas concret vers une exploitation minière plus responsable au Gabon.
Par Yann Yorick Manfoumbi


























