Depuis le 14 mai, Libreville se transforme en carrefour d’échanges et de réflexions concertées à l’occasion de la 57ᵉ conférence annuelle du Réseau Habitat et Francophonie (RHF). Cette rencontre, qui réunit 22 pays membres jusqu’au 15 mai, se donne pour ambition de conjuguer les expertises pour « booster le financement du logement abordable », comme l’indique la thématique placée au cœur des débats.
Dans un contexte africain marqué par une crise persistante du logement décent, la conférence s’ouvre comme un espace de dialogue fertile, où chaque voix contribue à l’édification d’une réponse collective face à l’urgence. Le représentant de l’ambassadeur de France au Gabon, Mathieu, ancré dans cette logique de responsabilité partagée, rappelle avec justesse que « le droit au logement dépend non seulement de la réalisation d’autres droits fondamentaux mais aussi du maintien de l’ordre public. Car vous le savez aussi bien que moi, le mal logement est synonyme de délinquance en tout genres. »
Claude Ngomsi, représentant régional d’ONU-Habitat, a tenu à replacer les échanges dans une dynamique globale, portée par la vision des Nations Unies : « Permettez-moi de souligner que le thème retenu à savoir tout ce que le logement, le financement du logement s’inscrit dans la vision des Nations Unies, de rendre l’accès aux habitations dignes plus abordables et avec des matériaux locaux, transformés selon le standard industriel. »

Ce diagnostic est soutenu par l’alerte lancée en 2022 par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, toujours d’actualité : « nous avons besoin de mesures plus urgentes et d’investissements plus importants pour fournir un logement abordable à tous parallèlement à l’accès à l’électricité, à l’eau, à l’assainissement, au transport et à d’autres services de base. »
Une réalité saisissante : près de 2,8 milliards d’êtres humains vivent aujourd’hui dans des conditions d’habitat inadéquates.

Hermann Kamonomono, président du RHF, souligne la nécessité d’un changement de paradigme : « La question de la structuration de mécanismes de financement ne peut donc plus être une simple variable d’ajustement elle devrait constituer un enjeu central qui conditionne notre avenir urbain, notre cohésion sociale et notre stabilité économique. »
Le ministre gabonais du Logement, Ludovic Megne Ndong, invite quant à lui à dépasser les constats : « En effet nos regards croisés sur les modèles innovants de financement du logement à travers le Réseau habitat et Francophonie permettront de partager les bonnes pratiques, de mutualiser les expertises et de bâtir ensemble des réponses adaptées aux réalités de nos territoires. L’heure n’est plus seulement aux diagnostics mais à l’action. »
Dans cette logique, Libreville s’érige en laboratoire d’idées, où se dessinent des solutions concrètes pour garantir un habitat digne et accessible à tous. À l’issue des travaux, une feuille de route commune devrait cristalliser les engagements des États membres du RHF vers une transformation tangible des politiques de logement.








































