Philip Mountbatten, le prince consort Philip, époux de la reine Elizabeth II et duc d’Edimbourg, a tiré sa révérence ce vendredi 10 avril 2021. Il a marqué son temps par une personnalité pour le moins complexe.
Il est d’origine allemande mais de religion orthodoxe, Philip est né prince de Grèce et du Danemark, le 10 juin 1921, sur l’île de Corfou (Grèce). Il est le cinquième enfant, mais le seul fils, du prince André de Grèce et de la princesse Alice de Battenberg. Il va aller de pensionnat en pensionnat dans toute l’Europe après que ses parents ne soient allés en exil. Cet exil sera à Saint-Cloud, en France, et en Allemagne.
Le prince consort Philip est né prince de Grèce et du Danemark, le 10 juin 1921, sur l’île de Corfou.
Le 20 novembre 1947, le jeune prince, blond et séduisant, épouse la princesse héritière Elizabeth rencontrée pendant ses études au collège naval de Darmouth. Arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria, par sa fille Alice qui avait épousé un grand-duc allemand, il était aussi l’un des lointains cousins d’Elizabeth. Pour ce mariage d’amour, il renonce à sa nationalité et à ses anciens titres nobiliaires, prend le nom de Philip Mountbatten et embrasse l’anglicanisme, la religion d’Etat.
Tout au long de sa vie, malgré cette conversion, le prince a gardé certaines valeurs inculquées par sa foi orthodoxe, comme le sens de la hiérarchie, le conservatisme en matière de mœurs et les préoccupations écologiques.
« Cet homme charmeur et distingué a été l’élément central de la démocratisation de la monarchie contre l’establishment. Ses origines étrangères expliquent sans doute son ouverture d’esprit. Intelligent, résolu, efficace, il a mis un peu de sel dans la vie de la reine, femme conservatrice et traditionnelle, sans jamais tenter de lui faire de l’ombre », souligne le biographe royal, Robert Lacey.
Après l’accession au trône d’Elizabeth en 1952, l’époux de la souveraine a pourtant du mal à s’effacer derrière sa femme, contraint désormais à marcher deux pas derrière elle
L’intéressé insuffle un peu de nouveauté à la cour, alors compassée, en envoyant ses enfants, dont Elizabeth II lui a confié l’éducation, à l’école au lieu de les confier à des précepteurs. En 1969, il ouvre la royauté à la télévision, et la laisse filmer sa vie quotidienne dans le reportage « Royal Family», qui remporte un vif succès. C’est également lui qui a contraint la reine, dont la timidité est légendaire, à pratiquer le bain de foule.
Très tôt féru de défense de l’environnement, Philip a dirigé le World Wide Fund, le fonds mondial de préservation de la nature, de 1981 à 1996. C’est notamment grâce au prince que la Loire est restée le dernier fleuve sauvage d’Europe. On lui doit également la création, en 1956, du Duke of Edinburgh Awards Scheme pour venir en aide à la jeunesse en difficulté.
Pour ses détracteurs, c’est un homme incontrôlable, borné, habitué à n’en faire qu’à sa tête.
En 2001, Philip avait affirmé en privé que son fils Charles ne ferait pas un bon roi. L’héritier du trône d’Angleterre, évidemment, avait modérément apprécié les propos désobligeants d’un paternel qu’il jugeait autoritaire, cruel et brutal.
Mais ceux qui le connaissaient bien assuraient qu’on se trompait lourdement sur son compte. Personne ne contestait son sens du devoir, son dévouement à la fonction et l’intelligence de son rôle. Face aux critiques, le prince Philip aimait d’ailleurs citer Rudyard Kipling, le chantre de l’Empire, son auteur favori, glorifiant ceux qui savent « faire face au triomphe et au désastre et traiter de la même manière ces deux imposteurs ».


























