Libreville, 30 juin 2025 – Le rideau est tombé ce lundi sur la première session ordinaire du Parlement de la Transition, marquant un jalon déterminant dans l’architecture institutionnelle du Gabon post-Ali Bongo. La cérémonie de clôture, d’un formalisme républicain affirmé, s’est déroulée dans l’enceinte solennelle de l’Assemblée nationale à Libreville, en présence d’un parterre de personnalités politiques et diplomatiques de premier plan.
Le Vice-Président du Gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, le ministre de la Réforme et des relations avec les institutions, François Ndong Obiang, les présidents des Institutions de la République, plusieurs membres du gouvernement, des ambassadeurs accrédités ainsi que des représentants des corps constitués ont répondu présents à cette rencontre à forte valeur politique et symbolique.
Dans son allocution, le président de l’Assemblée nationale de la Transition, Jean François Ndongou, a dressé un bilan sans fioritures mais empreint de satisfaction. Soulignant la discipline et l’engagement des parlementaires durant les deux grandes échéances de l’année – la session extraordinaire de janvier et la session ordinaire ouverte le 3 mars dernier – il a mis en exergue la productivité législative inédite de cette phase transitoire.
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Pas moins de 49 textes ont été inscrits à l’ordre du jour. Sur ce corpus, 38 projets de loi ont été introduits par le gouvernement, traduisant la volonté de l’exécutif de restructurer l’ossature normative du pays. Parallèlement, 11 propositions de loi ont été portées par les parlementaires eux-mêmes, preuve d’une certaine vitalité démocratique au sein de l’hémicycle transitoire. À ce jour, 32 projets ont été adoptés, 4 sont encore en commission, tandis que 8 propositions parlementaires ont été votées et 2 sont en étude au Parlement de la Transition.
Prenant la parole à son tour, Paulette Missambo, Présidente du Sénat de la Transition, a salué l’implication méthodique et constructive des sénateurs. Elle a rappelé que la haute chambre a joué un rôle central dans l’examen de textes déterminants pour l’avenir démocratique du pays. Parmi les textes votés figurent des piliers de la nouvelle République en gestation : le Code électoral, la loi sur les partis politiques, la répartition des sièges électoraux, mais aussi une loi clé sur le transfert de compétences et de ressources aux collectivités locales, traduisant une volonté réelle de décentralisation.
Cette clôture ne sonne pas seulement comme la fin d’une session parlementaire. Elle acte une progression tangible dans le processus de refondation institutionnelle engagé depuis la prise de pouvoir par les forces de transition en 2023, et ouvre la voie à une Vème République plus équilibrée, plus inclusive, et surtout plus ancrée dans les principes de gouvernance moderne.
Le travail législatif effectué dans ce contexte transitoire ne saurait être perçu comme une simple formalité procédurale. Il s’inscrit dans une dynamique de légitimation des nouvelles institutions, et dans une quête de stabilité politique et de modernisation du cadre étatique. La capacité des deux chambres à conjuguer leurs efforts dans un esprit d’unité nationale témoigne d’une certaine maturité politique retrouvée, après des décennies d’hésitations institutionnelles.
Alors que les regards se tournent désormais vers la session suivante, l’enjeu sera double : pérenniser les acquis législatifs de la Transition et poser les bases concrètes d’une démocratie républicaine rénovée. En ce sens, la responsabilité des parlementaires reste entière, car c’est par la loi que se consolide la République.
Le Gabon, à la croisée des chemins, semble avoir amorcé un virage décisif. Reste à savoir si cette dynamique saura se maintenir au-delà du cadre transitoire. La Nation, quant à elle, observe. Et espère.
Par Darlyck Ornel Angwe, journaliste stagiaire


























