Le vendredi 4 octobre 2024, la gouvernance de La Poste S.A., l’une des institutions publiques les plus anciennes du Gabon, a connu un bouleversement significatif. Le ministre de la Communication et des Médias, Laurence Ndong, a ordonné la suspension provisoire du Président-Directeur Général (PDG), Jean-Eric Raynard Ndama, ainsi que plusieurs membres de la haute direction de l’entreprise. Cette décision intervient dans un contexte de fortes suspicions de gestion opaque, mettant en lumière les dysfonctionnements qui secouent cette entité stratégique depuis quelque temps.
Cette mesure ministérielle, officialisée par la décision n°00840, résulte d’une enquête interne révélant des irrégularités d’une gravité telle qu’elles auraient compromis la stabilité et la performance de La Poste S.A. Outre le PDG, cette vague de suspensions touche des directeurs de services et des conseillers techniques influents, accusés d’avoir failli dans leur mission de gestion transparente et efficiente des ressources de l’institution. Parmi eux, Sylvain Jonas Moussavou, conseiller chargé des services financiers postaux, et Christ Kilingui, directeur des services postaux et de la logistique, se retrouvent au cœur de l’affaire.
L’importance des fonctions occupées par ces responsables renforce la portée de ces suspensions, qui marquent un point de rupture dans le fonctionnement de La Poste S.A. La gestion financière, la logistique et l’acheminement des courriers, secteurs cruciaux de l’entreprise, étaient placés sous leur autorité. Leur suspension préventive souligne ainsi la gravité des accusations et l’ampleur des répercussions potentielles pour l’institution.
En prenant cette décision, le ministère de la Communication et des Médias affirme sa détermination à mettre un terme aux dérives managériales qui affectent les entreprises publiques. Laurence Ndong, par cet acte fort, rappelle l’exigence de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources de l’État. L’enquête, toujours en cours, devrait clarifier les responsabilités de chacun et éventuellement déboucher sur des poursuites judiciaires.
D’après des sources proches du dossier, les bureaux des personnes concernées ont été scellés et celles-ci ont été entendues par la Direction Générale des Recherches (DGR), renforçant l’idée que cette affaire pourrait connaître des développements judiciaires majeurs.


























