Alors que l’ancien président Ali Bongo Ondimba et sa famille ont retrouvé leur liberté après la chute de son régime, Kelly Ondo Obiang, initiateur du putsch avorté de janvier 2019, demeure enfermé derrière les barreaux. Une situation qui illustre, selon certains observateurs, une justice à géométrie variable, où les décisions semblent dictées par des intérêts politiques plus que par un réel souci d’équité.
Un homme à l’origine d’une tentative de libération
Le 7 janvier 2019, Kelly Ondo Obiang, alors lieutenant de la Garde républicaine, prend le contrôle de Radio Gabon pour annoncer la fin du régime Bongo, qu’il accuse d’être illégitime et anti-démocratique. Son intervention, rapidement réprimée, se solde par son arrestation et une condamnation à 15 ans de prison, assortie d’une amende de 31 millions de FCFA. Il devient dès lors un symbole de la contestation étouffée.
Ali Bongo libre, mais lui reste en détention : un traitement sélectif ?
Le 30 août 2023, un nouveau coup d’État militaire met un terme au pouvoir d’Ali Bongo. Ironie du sort, les putschistes dénoncent les abus du régime qu’ils viennent de renverser, proclamant une ère de transparence et d’équité. Pourtant, alors que l’ancien chef de l’État et ses proches sont libérés, Kelly Ondo demeure en prison, comme si son combat pour la transition démocratique était effacé au profit d’une justice opportuniste.
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Indignation et dénonciations
Face à cette incohérence flagrante, militants, analystes et citoyens montent au créneau. Pour eux, il est inconcevable que Kelly Ondo Obiang reste derrière les barreaux alors qu’il avait, bien avant les militaires du 30 août, tenté de briser un régime jugé oppressif. Son maintien en détention apparaît alors comme une manœuvre visant à écarter un protagoniste gênant pour le régime actuel.
Certains y voient également un message envoyé à toute opposition future : le sort réservé aux contestataires dépendra non pas de principes juridiques stricts, mais des circonstances et des alliances du moment. Une réalité qui remet en cause la promesse d’une justice impartiale.
Quelle issue pour Kelly Ondo Obiang ?
Son pourvoi en cassation n’a toujours pas abouti, et son avenir dépend en grande partie de la volonté politique des nouvelles autorités. Face à l’injustice évidente de son maintien en détention, la mobilisation citoyenne sera-t-elle suffisante pour forcer une révision de son cas ? Rien n’est moins sûr.
En attendant, Kelly Ondo demeure derrière les barreaux, témoin silencieux d’une justice qui peine à convaincre de son impartialité.


























