Ce mardi, le conseil des ministres, présidé par le gouvernement de transition dirigé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé une décision sans précédent : l’amnistie du lieutenant Kelly Ondo Obiang et de ses compagnons d’armes, Estimé Manongo Bidima et Dimitri Nze Minkom. Condamnés à 15 ans de prison ferme le 18 juin 2021 pour leur implication dans les événements du 7 janvier 2019, les trois hommes retrouvent aujourd’hui la liberté et seront réhabilités au sein de l’armée gabonaise.
Cette décision, officialisée par la porte-parole du gouvernement, Laurence Ndong, a été saluée par une large frange de la population. Elle intervient en réponse à la proposition de loi défendue par le député de la transition, Lionel Ella Engonga, qui plaidait pour l’amnistie des faits survenus les 6 et 7 janvier 2019. Le texte s’appuie sur les articles 76, 82 et 83 du règlement de l’Assemblée nationale de la Transition, ainsi que sur les articles 164 à 166 du Code pénal et les articles 575 et suivants du Code de procédure pénale.
En accordant cette amnistie, le gouvernement entend poser un acte de réconciliation civique. Selon l’historien Stéphan Gacon, l’amnistie est « un geste symbolique de réconciliation sociale », et c’est bien cette dimension qui transparaît à travers la réintégration de Kelly Ondo Obiang et de ses compagnons au sein des forces armées. Cette réhabilitation, considérée comme un effet logique de la mesure juridique, reconnaît implicitement que leur action de 2019 relevait d’un cri d’alerte dans un contexte politique tendu marqué par l’incapacité présumée d’Ali Bongo à diriger le pays.
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Au-delà de son caractère politique, cette annonce s’inscrit dans la volonté du gouvernement de la Ve république de tourner la page des fractures héritées du passé et d’engager le pays sur la voie d’une gouvernance plus inclusive. La décision pourrait ouvrir la voie à d’autres mesures visant à consolider l’unité nationale.
Pour de nombreux gabonais, il ne s’agit pas seulement d’une libération, mais d’une victoire collective : celle d’une société qui aspire à la paix, à la justice et à la cohésion. Kelly Ondo Obiang, Estimé Manongo Bidima et Dimitri Nze Minkom pourront désormais retrouver leurs familles, tout en reprenant du service pour la République.
Un signal fort que le gouvernement envoie : la réconciliation n’est pas une promesse, mais un acte concret.
Par Darlyck Ornel Angwe


























