La compagnie aérienne nationale FlyGabon a annoncé sa décision de ne pas répercuter sur ses passagers la nouvelle redevance R4, officiellement entrée en vigueur le 28 février 2026. Une prise de position ferme qui l’oppose aux nouvelles modalités tarifaires imposées sur les vols régionaux au départ du Gabon.
Une hausse de 25 % jugée insupportable pour les voyageurs
La redevance R4 prévoit une augmentation de 25 % sur les billets régionaux, portant le coût d’un aller-retour en classe économique à 65 596 F CFA, contre 52 478 F CFA auparavant. Un surcoût que FlyGabon refuse catégoriquement de faire peser sur ses clients.
Selon la compagnie, cette hausse risque d’alourdir significativement le coût du transport aérien dans la sous-région et d’aller à l’encontre des objectifs de connectivité régionale que le secteur cherche à promouvoir. En conséquence, FlyGabon indique qu’elle ne collectera pas le surcoût lié à la R4 sur ses vols régionaux et qu’elle maintient ses tarifs actuels, précisant continuer de reverser les redevances perçues directement au Trésor public, « dans l’intérêt des passagers ».
Une taxe à l’origine et à la destination contestées
La redevance R4 s’applique à l’arrivée et au départ des vols régionaux depuis l’ensemble des aéroports gabonais. Créée initialement en 2021 pour financer la construction d’un nouvel aéroport, son objectif aurait été modifié fin 2022. Plus de quatre ans après son instauration, de nombreux passagers affirment ne constater aucune amélioration notable des infrastructures aéroportuaires existantes.
La controverse porte également sur la destination des fonds collectés. Le produit de cette taxe serait désormais versé directement à GSEZ Airport, et non plus au Trésor public. Ce changement soulève des interrogations sur les mécanismes de contrôle financier et la transparence dans la gestion de ces recettes.
Un bras de fer aux conséquences incertaines
En refusant d’appliquer une taxe réglementaire en vigueur, FlyGabon s’engage dans un rapport de force avec les autorités compétentes dont l’issue reste incertaine. La compagnie nationale se positionne ainsi comme un défenseur du pouvoir d’achat des voyageurs, dans un contexte où le transport aérien régional demeure un secteur stratégique pour le désenclavement du Gabon.
Le débat autour de la redevance R4 soulève des questions plus larges sur la gouvernance du secteur aérien gabonais, la transparence dans l’utilisation des taxes aéroportuaires et la capacité des autorités à moderniser des infrastructures vieillissantes. Les prochaines semaines devraient déterminer si cette décision de FlyGabon entraîne une révision du dispositif ou un bras de fer réglementaire avec les institutions concernées.
Source L’Union


























