Le dimanche 16 mars 2025, s’est achevée une formation intense de deux jours destinée aux membres des commissions électorales locales en vue de l’organisation de la présidentielle du 12 avril 2025. À cette occasion, des experts électoraux et des commissaires ont partagé leur expérience et leur vision du processus électoral, insistant sur les nouvelles dispositions du Code électoral et les responsabilités qui incombent aux acteurs de terrain.
Un cadre juridique et institutionnel revisité
Le séminaire a débuté par un rappel du cadre juridique et institutionnel des élections. Comme l’a souligné le Dr Minko’o, expert électoral, « le nouveau Code électoral a apporté plusieurs innovations », nécessitant une appropriation aussi bien pour les nouveaux commissaires que pour les anciens. L’une des principales évolutions concerne la création de deux nouveaux organes : la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER) et l’Autorité de contrôle des élections du référendum (ACER). La première est en charge de l’organisation du scrutin, tandis que la seconde veille au respect des règles électorales.
Une préparation minutieuse du scrutin
L’un des axes essentiels de la formation de la présidentielle 2025 portait sur la planification électorale. Les participants ont été sensibilisés à l’importance de la préparation en amont : « la visite des bureaux de vote, la formation des scrutateurs, la gestion du matériel électoral et l’organisation logistique du convoyage des urnes sont des étapes clés », a insisté Jean Minko’o, expert electoral. L’objectif est d’assurer un déroulement fluide du scrutin et d’anticiper d’éventuels incidents.

Le bon déroulement des opérations de vote repose également sur une organisation stricte. Il est impératif que chaque membre du bureau tienne son rôle, notamment les assesseurs chargés de l’authentification des bulletins et les superviseurs garantissant la conformité des opérations. L’intégrité du processus électoral passe aussi par la gestion des incidents de vote : « toute anomalie doit être consignée dans le procès-verbal », rappelle le Dr Minko’o.
Un dépouillement transparent et des procédures post-électorales strictes
Après la clôture du vote, le processus de dépouillement doit être mené avec rigueur et transparence. Il s’agit d’un moment crucial où les résultats sont comptabilisés et consignés dans des procès-verbaux. « Le procès-verbal est la pièce maîtresse de toute élection », a rappelé l’expert, insistant sur la nécessité d’en garantir l’exactitude et l’authenticité.

Parmi les innovations majeures de cette année figure l’affichage obligatoire des résultats devant chaque bureau de vote. Serge Christian Mombet, deuxième vice-président de la commission électorale du troisième arrondissement de Libreville, souligne que « cette mesure vise à renforcer la transparence et à faciliter l’accès aux résultats par le public et les candidats ».
Le rôle clé de la supervision électorale
La supervision des opérations électorales constitue une autre priorité. Elle permet de corriger les dysfonctionnements en temps réel et d’assurer la bonne application de la loi électorale. « Si un bureau de vote ouvre en retard par manque de personnel, une intervention rapide permet de rétablir la régularité du scrutin », illustre un formateur.
De plus, la centralisation des résultats fait l’objet d’une vigilance accrue. Durant la « nuit électorale », les procès-verbaux issus des différents bureaux sont vérifiés avant d’être transmis aux instances supérieures. À chaque étape, des contrôles rigoureux sont effectués afin d’éviter toute contestation ultérieure.
Les recours électoraux et les sanctions prévues
En cas de contestation, le Code électoral prévoit des mécanismes de recours. Un électeur dont le nom a été omis de la liste électorale peut saisir le tribunal administratif, tandis qu’un candidat estimant que des irrégularités ont affecté le scrutin peut porter l’affaire devant la Cour constitutionnelle.
Par ailleurs, des sanctions pénales sont prévues pour toute infraction aux règles électorales. « Toute tentative de fraude sera sévèrement punie », avertit un expert, rappelant que les magistrats impliqués dans l’organisation du scrutin sont soumis à des peines aggravées en cas de manquement à leur devoir.
Un engagement collectif pour des élections crédibles
Si cette formation pour la présidentielle 2025 a permis de renforcer les compétences des participants, elle a aussi souligné l’importance d’une mobilisation collective. Chimène Carelle Mouele, rapporteur à la Commission électorale départementale de Lombo-Bouenguidi, témoigne : « C’était une formation très enrichissante, particulièrement pour les novices. J’ai compris que l’efficacité du processus électoral repose sur une organisation minutieuse et une parfaite coordination entre les différentes instances. »

Malgré quelques défis logistiques, notamment dans les zones reculées, les membres des commissions électorales se sont engagés à faire de cette élection un modèle de transparence et de rigueur. Comme le rappelle Serge Christian Mombe, « nous ferons de notre mieux pour que les résultats soient proclamés dans les meilleurs délais, malgré les contraintes techniques ».
Ainsi, cette formation intensive a permis de poser les bases d’un scrutin maîtrisé, où chaque acteur électoral devra veiller au respect strict des procédures afin de garantir une élection crédible et incontestable.










































