Le Réseau des observateurs citoyens (ROC) a livré, ce 13 avril 2025, sa déclaration préliminaire sur l’élection présidentielle gabonaise, marquant un tournant dans le retour à l’ordre constitutionnel. Un dispositif inédit et rigoureux a été mis en place pour observer ce scrutin historique. La coordinatrice du ROC, Blanche Simonny Abegue, s’est exprimée sur les enjeux et constats de cette mission d’observation citoyenne.
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« Le scrutin du 12 avril s’inscrit dans une dynamique de restauration démocratique, après dix-huit mois de transition », a souligné Blanche Simonny Abegue. Pour accompagner ce processus, le ROC, composé de 12 organisations de la société civile, a mis sur pied une Situation Room structurée en trois chambres : technique, analytique et politique. Grâce à ce dispositif, 500 observateurs ont été déployés dans 2 109 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire national.
« Notre réseau est indépendant, inclusif et impartial. Il a permis une mobilisation d’expertises diverses, allant de l’analyse juridique à la médiation », a-t-elle précisé. Soutenu techniquement et financièrement par le PNUD, le Japon, la France, la Suisse et l’OIF, le ROC a utilisé les standards BRIDGE et la technologie Kobo Toolbox pour assurer un suivi en temps réel, sécurisé et géolocalisé.
À la veille du scrutin, plusieurs réformes majeures ont façonné le cadre électoral : la nouvelle constitution, le nouveau code électoral, et surtout, la réorganisation de la gestion des élections, désormais sous la responsabilité du Ministère de l’Intérieur via la CNOCER, sous le contrôle de l’ACER.
Le jour du vote, l’observation du ROC s’est basée sur cinq critères : équité, régularité, inclusion, transparence et apaisement. Le constat est globalement positif. « Dans la majorité des bureaux de vote, le personnel électoral était présent et représentatif, avec 52% de femmes. L’ouverture s’est faite entre 7h et 8h et les urnes étaient dûment scellées et vides au démarrage des opérations », a indiqué Mme Abegue.
Une atmosphère calme a régné autour des centres de vote, et la présence des forces de l’ordre a été jugée rassurante. Toutefois, des failles ont été relevées, notamment « des difficultés d’accès aux bureaux pour les personnes à mobilité réduite, des cas isolés de procurations non conformes, et le refus d’accès d’observateurs dans certains bureaux ». Néanmoins, la coordinatrice a salué « la réactivité des autorités qui ont su corriger ces situations dès leur signalement ».
Quelques statistiques clés illustrent le bon déroulement du scrutin : 69% des bureaux ont ouvert à 7h, 99% avaient les membres présents à la clôture, 97% ont procédé à un dépouillement public et 98% ont proclamé les résultats sur place.
Cependant, le ROC regrette l’absence de publication de la cartographie électorale, ayant limité la couverture optimale. « Cela a entravé la stratégie de déploiement fondée sur la démographie électorale », a expliqué Mme Abegue.
Le ROC adresse plusieurs recommandations, notamment « le renforcement de l’éducation civique, l’inclusion des personnes handicapées, la professionnalisation des OSC et un meilleur accès aux accréditations ». Il appelle également à « un financement national dédié à l’observation citoyenne ».
En conclusion, Blanche Simonny Abegue affirme : « Le ROC poursuivra sa mission de veille citoyenne et de promotion de la démocratie ». Le rapport final, attendu dans un mois, viendra affiner ces constats initiaux.









































