Dans une tribune libre, le Révérend Pasteur Jean-Yves Boussougou, responsable du ministère Christ Espérance des Nation, interpelle les uns et les autres à mettre les valeurs humaines au-dessus de l’argent et du matériel ce qui pourrait éviter à l’avenir ce genre de tragédie qui endeuille aujourd’hui notre pays, avec le naufrage du navire Esther Miracle le 9 mars au large de Libreville. Lecture !
Enseignons les valeurs.
J’ai lu une histoire qui m’a glacé le sang dans un livre chrétien, il y a quelques années. Dans cette histoire, un missionnaire va pour la première fois dans une ville de l’Inde(?). Il va emprunter une barque parmi de nombreuses qui faisaient le trafic.
Mais un drame va se produire sous ses yeux : une personne va tomber à l’eau et manifestement ne savait pas nager. Les riverains assistaient sans broncher.
Notre missionnaire non plus ne savait nager. Mais il va crier pour interpeller, suppliant une bonne volonté de secourir le pauvre homme sur le point de se noyer. D’un air moqueur, un propriétaire d’une barque lui répondit : » combien cela va-t-il me rapporter de le sauver »?
Quelle sadisme ! Quelle cruauté ! Pensez-vous.
Dans notre génération, on connaît le prix des choses mais pas leur valeur. On regarde tout du point de vue de ce que cela peut nous rapporter.
Nous avons placé la vie humaine en dessous de l’argent et le matériel.
Ainsi, dans nos hôpitaux par exemple, on va exiger de solder une facture avant tout traitement. Combien de fois avons-nous vu des personnes malades, aux urgences, avec un pronostic vital engagé, sans que le personnel médical ne remue le petit doigt?
Combien de fois avons-nous entendu : » tu as combien? » pour un service pour lequel la personne qui nous pose cette question est bien rémunérée?
Combien de fois avons nous vu des jeunes de cette génération regarder sans assistance un vieillard se débattant avec une charge sur ses épaules ? Parfois cette scène suscite l’hilarité pour ces jeunes.
Parfois certains estiment ne pas avoir assez de temps pour s’arrêter et porter assistance. Mais qu’est-ce qui est vraiment plus important qu’une vie humaine ?
Bien faire le deuil c’est aussi tirer des leçons de cette tragédie. Elle est d’autant douloureuse qu’elle aurait pu être évitée de plusieurs manières.
On ne peut pas occulter la négligence des uns ou l’insensibilité criminelle des autres. Beaucoup ne trouvent toujours pas le sommeil devant de tels agissements.
La prière, si elle apaise les cœurs, ne doit pas constituer l’opium qui distrait les gens. Ce n’est pas le refuge de ceux qui se dédouanent de leur responsabilité.
Le cœur qui prie Dieu doit croire aux valeurs divines telles que l’amour et la miséricorde, et doit être prêt à réparer sa faute si elle est avérée.
Enseignons les valeurs afin de vivre un patriotisme réel. Aimer son pays c’est aimer ses frères au-delà des richesses que le pays donne
Nous devons réveiller l’âme de la nation par la culture des valeurs qui rassemblent les frères.
Nous sommes un peuple : quand un seul souffre, tous souffrent avec lui.
Nous sommes un peuple, nous sommes le Gabon immortel.
Go forward.











































