À Libreville, la compétition bancaire se joue désormais à deux. À fin juin 2026, BGFIBank et AFG Bank concentraient 68,75 % des crédits gabonais. Ainsi, elles cumulaient également 68,10 % des dépôts nationaux. Derrière ce duopole se trouvent deux dirigeants aux trajectoires contrastées. Dimitri Kévin Ndjebi pilote BGFIBank, leader historique depuis juin 2023. Ghislain Claude Mboumba dirige AFG Bank, l’ancienne BICIG, depuis 2024. Leur duel structure ainsi le financement des entreprises et l’épargne du pays.
BGFIBank détient 40,65 % des financements, contre 28,10 % pour AFG. Toutefois, AFG Bank domine largement la profondeur de clientèle. Elle compte 206 947 comptes, soit 27,91 % du marché total. BGFIBank ne recense que 94 665 comptes à comparer. Ce contraste illustre deux stratégies bancaires bien distinctes. L’une mise sur les volumes, l’autre sur la clientèle. Ensemble, leurs bénéfices cumulés atteignent 98,7 milliards de FCFA. Ce montant représente 65 % des profits sectoriels de 2025. AFG Bank domine aussi les dépôts à terme, avec 47,96 % de part.
Une exposition souveraine qui interroge
Par ailleurs, ces banques financent massivement l’État gabonais lui-même. BGFIBank détient environ 1 003 milliards de créances publiques. L’AFG Bank de Ghislain Claude Mboumba en porte 929,7 milliards supplémentaires sur ses livres. Ensemble, elles concentrent près de 70 % du risque souverain. Cette exposition, telle une épée à double tranchant, inquiète les observateurs. Un choc budgétaire fragiliserait immédiatement leur santé financière globale. Ensemble, elles concentrent ainsi 1 932,7 milliards de FCFA de créances publiques.
Quel impact pour les entreprises et les ménages ?
Or, cette concentration bancaire touche directement l’économie réelle. Les PME disposent ainsi de moins de partenaires financiers disponibles. Cette situation limite fortement la négociation sur les taux appliqués. De plus, les commissions et délais restent encore peu concurrentiels aujourd’hui.
Derrière ces deux géants, l’UGB résiste grâce à sa clientèle. Elle détient 23,61 % des comptes bancaires du pays. Cependant, sa part de crédits demeure modeste, autour de 9,39 %. Le reste du marché reste très fragmenté et dispersé. Néanmoins, une supervision rigoureuse pourrait limiter les risques systémiques. Les autorités devront ainsi encourager davantage de concurrence bancaire réelle. Ce défi conditionne désormais la diversification économique du Gabon entier. Le véritable test consiste désormais à transformer cette puissance en résilience durable.









































